Accompagner pour inclure: L’éducation financière au coeur de la finance digitale en Afrique

La finance digitale a profondément transformé le continent africain. Pourtant, l’éducation financière demeure le maillon essentiel manquant sur le chemin d’une véritable inclusion. Sans elle, des millions de personnes restent exclues des canaux financiers digitaux plus sûrs, plus rapides et plus abordables.

Quelques chiffres évocateurs : Seuls 55 % des adultes en Afrique subsaharienne possèdent un compte, contre 76 % au niveau mondial.Plus de 300 millions d’adultes ne sont toujours pas bancarisés. À peine 41 % de la population est financièrement résiliente, et les femmes accusent un retard de 4 à 11 points par rapport aux hommes. Près de 80 millions d’agriculteurs non bancarisés reçoivent encore leurs paiements en espèces.

L’éducation financière renforce la confiance, développe les compétences numériques, favorise la résilience et permet aux femmes et aux jeunes de participer pleinement à l’économie digitale. Elle constitue le socle indispensable d’une finance digitale inclusive.

Pour une inclusion efficace et durable, il faut d’abord éduquer.

Ce thème crucial sera mis en lumière tout au long de #SAM2025 — car nous ne pouvons plus ignorer cet enjeu majeur.

Investir dans la résilience systémique : Voies financières et de marché pour l’adaptation climatique

Les petits exploitants agricoles représentent près de 70 % de la population africaine, mais moins de 3 % bénéficient d’une assurance. Sans action rapide, jusqu’à 118 millions de personnes vulnérables risquent d’être exposées à des sécheresses, inondations et vagues de chaleur d’ici 2030. Le changement climatique coûte déjà 5 % du PIB du continent chaque année, alors que les besoins en adaptation sont estimés à 579 milliards USD à l’horizon 2030.

Face à cette réalité, plusieurs défis persistent : l’Aide Publique au Développement ne couvre qu’environ 20 % des besoins financiers, les actifs d’adaptation nécessitent 7 à 10 ans pour générer des retours alors que les financements disponibles restent essentiellement de court terme, et les données locales ainsi que l’accès aux marchés demeurent largement inexploités par les systèmes financiers.

Pourtant, de réelles opportunités existent. Les systèmes financiers africains canalisent déjà 1 à 2 000 milliards USD de crédits chaque année, un levier largement sous-utilisé pour l’adaptation. En mobilisant davantage le financement en monnaie locale, les modèles mixtes et des contrats d’achat fiables, il est possible de transformer les solutions d’adaptation en investissements rentables et durables.

Favoriser l’innovation (IA, open Finance) avec un cadre réglementaire responsable

L’intelligence artificielle et l’open finance sont appelées à transformer l’avenir financier de l’Afrique.
Aujourd’hui, 57 % des adultes africains n’ont toujours pas accès aux services financiers formels, tandis que l’on prévoit la création de 230 millions d’emplois numériques d’ici 2030. À ce moment charnière, l’IA peut élargir l’accès, stimuler l’innovation et renforcer la résilience financière.

L’IA transforme déjà le secteur : elle étend l’open banking à des services financiers plus larges, permet le scoring de crédit, facilite la détection des fraudes et améliore la relation client. Pourtant, des défis demeurent : infrastructures numériques insuffisantes, écosystèmes de données fragiles, incohérences réglementaires et pénurie de compétences.

L’Afrique se trouve à la croisée des chemins. Les bonnes politiques et des partenariats solides peuvent libérer le potentiel de l’IA pour inclure les non-bancarisés et créer des millions d’opportunités numériques.

Nous devons bâtir un cadre réglementaire responsable pour protéger les consommateurs, garantir l’équité et instaurer la confiance.

Interopérabilité en RDC : 20 ans d’évolution ( 2005 – 2025 )

Au cours des deux dernières décennies, l’écosystème des paiements en République Démocratique du Congo (RDC) a connu une transformation profonde, guidée par la Banque Centrale du Congo (BCC) et soutenue par la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF). De l’autorisation des solutions monétiques aux banques en 2005 à la mise en place du switch national Mosolo en 2025, les réformes successives ont cherché à sécuriser les transactions, favoriser l’interopérabilité, stimuler l’innovation financière et promouvoir l’inclusion financière. L’objectif ?  Voir émerger un environnement où banques, opérateurs de mobile money, fintechs et régulateurs travaillent ensemble pour rendre les paiements plus accessibles, abordables et inclusifs.

Cependant, des défis majeurs persistent : fragmentation des acteurs, standards techniques encore disparates, coûts élevés des transactions, faible adoption des solutions numériques par certaines institutions, et un cadre réglementaire parfois complexe ou sujet à interprétation. Ces contraintes freinent le potentiel de l’Open Finance et limitent la capacité des fintechs et autres acteurs à proposer des modèles d’affaires viables, transparents et alignés avec les attentes des consommateurs.

Rapport : « Transformation digitale de l’économie congolaise – Un état des lieux des MPME ».

Les Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) constituent plus de 90 % du tissu entrepreneurial congolais et assurent près de 95 % des emplois privés. Véritables piliers de l’économie nationale, elles font pourtant face à de nombreux défis pour réussir leur transition numérique : coûts élevés des solutions, manque de compétences, infrastructures limitées (connectivité et énergie).

Pour mieux comprendre ces enjeux, Malabar a conduit une étude auprès de 900 MPME dans plusieurs grandes villes de RDC, avec Innogence Consulting et l’appui de la Fondation Roi Baudouin, qui a permis de dresser un état des lieux et de formuler des recommandations concrètes.

Vous y trouverez quelques enseignements clés :

  • 51 % des MPME ont amorcé leur digitalisation (principalement via ordinateurs et smartphones) ;
  • Les micro-entreprises restent en retard, avec 54 % non encore digitalisées ;
  • La digitalisation est un levier incontournable de compétitivité, de productivité et d’innovation.Le rapport appelle à une mobilisation conjointe de l’État, du secteur privé et des partenaires de développement pour lever les obstacles et accélérer la digitalisation des MPME.

Vidéocast : entretien avec Alpha SOW, président de SEN FinTech

Aujourd’hui, on recense entre 60 et 80 structures actives dans l’écosystème des FinTechs au Sénégal, allant des start-ups aux opérateurs établis. Le cadre réglementaire a connu une évolution progressive et structurante, pilotée par la BCEAO dans toute la zone UEMOA. Initialement, les FinTechs opéraient majoritairement à travers des modèles de partenariat avec des banques ou des établissements de monnaie électronique, en qualité d’agents, sous-agents, distributeurs de monnaie électronique, ou encore intermédiaires en opérations bancaires (IOB). Ce système a permis aux FinTechs d’exister sans agrément propre, tout en contribuant à la distribution de services financiers numériques sur le terrain.

Ou en sommes nous aujourd’hui?
Comment la réglementation a-t-elle évoluée?
Quels défis rencontrent les FinTech Sénégalaises?
Quelles opportunités s’offrent à elles?
Nous avons rencontré Alpha Sow, président de SEN FinTech qui nous apporte quelques éléments de réponse.