Comment le service clientèle s’intègre-t’il dans une institution financière orientée marché ? De nombreuses institutions financières ont des difficultés à placer au bon endroit le service clientèle dans leur organisation. Il tombe largement, mais non entièrement, dans la catégorie de livraison des services. MicroSave et TMS Financial (une société de marketing sud-africaine qui a énormément d’expérience dans le marketing des services financiers) ont développé un cadre de travail appelé le Cadre de marketing stratégique qui cherche à expliquer les éléments d’une institution financière orientée marché. Les trois piliers principaux de ce cadre de travail se concentrent sur :
1. La marque et l’identité de l’entreprise, qui sont la conception et la présentation prévues pour
différentier l’IMF de la concurrence.
2. La stratégie du produit, qui comprend le développement et la différentiation du produit ainsi que les
stratégies de fixation des prix/coûts et de vente/promotion utilisées par les IMF.
3. La livraison du produit et la stratégie du service clientèle, qui se concentrent sur la manière et l’endroit où les produits de l’IMF sont livrés et sur l’expérience de la clientèle.
Ces trois éléments sont essentiels si une institution veut vraiment devenir orientée marché. Cet outil de service clientèle se concentre sur le troisième élément : « Livraison du produit et stratégie du service clientèle ».
Cet outil est conçu pour vous aider à créer une « Stratégie du service clientèle ». Grâce à la préparation et à la mise en application d’une telle stratégie, vous serez capables de faire face aux challenges du service clientèle que votre institution rencontrera et, ce qui est le plus important, de pouvoir suivre des mesures actives pour accomplir vos buts du service clientèle.
La cartographie des processus est une technique qui rend le déroulement des opérations visibles. Un organigramme de processus montre qui fait quoi, avec qui, quand, pendant combien de temps et avec quels documents. Il montre comment les décisions opérationnelles sont prises et le déroulement des événements qui donnent lieu à ces décisions. Une cartographie des processus efficace permet aux prestataires de services financiers d’analyser et d’améliorer de nombreuses fonctions et activités importantes au sein de l’institution. MicroSave effectue la cartographie des processus à l’aide d’un cadre à quatre niveaux qui englobe :
La création d’un organigramme des processus
La description des processus
L’analyse des risques liés aux processus et l’identification des améliorations à apporter aux processus
L’analyse des contrôles internes et d’autres stratégies de gestion des risques.
Avantages
Les clients et partenaires de MicroSave font état de résultats extrêmement positifs émanant des processus de cartographie. Dans de nombreuses institutions, cela peut indiquer l’absence préalable d’un mécanisme d’examen global des processus, associé à la croissance organique des processus au fil du temps. A en juger par la vitesse à laquelle des gains d’efficacité tangibles peuvent être réalisés, il est possible de tirer des avantages significatifs d’un premier cycle de cartographie des processus. Les avantages signalés se situent aux niveaux stratégique, managérial et opérationnel.
Gestion des risques : Les risques sont rapidement identifiés et des réponses appropriées sont conçues. Les tactiques d’atténuation des risques peuvent être contrôlées et évaluées. Tanzania Postal Bank, KGFS et Grameen Koota en Inde ainsi que TSPI, TSKI, ASKI et OK Bank aux Philippines utilisent la cartographie des processus pour renforcer leur gestion du risque de crédit.
Gestion des ressources humaines : La répartition des tâches entre les individus est généralement améliorée. L’évaluation des blocages liés aux processus peut mener à une réaffectation du personnel, et l’amélioration des processus entraîne une utilisation plus efficace du personnel. Equity Bank au Kenya a pu réaffecter un nombre important d’employés et ainsi mettre en place son département marketing. Grameen Koota a, de son côté, élaboré des schémas de processus pour des fonctions comme les RH et les finances, qui servent de base à l’élaboration de listes de contrôle dans le but d’étendre les opérations de vérification interne à ces fonctions en même temps qu’aux agences.
Normalisation des pratiques : Les schémas de processus servent de points de référence pour le travail quotidien. Ils sont faciles à consulter, à lire et à comprendre. Afin d’encourager la normalisation, Equity Bank a intégré des organigrammes de processus dans son système intranet et a réduit le temps moyen de transaction des retraits de plus de 3 minutes à seulement 4 minutes et 57 secondes. RGVN CSP en Inde a pu standardiser les processus au sein de l’organisation et minimiser les nombreux chevauchements, augmentant ainsi l’efficacité des processus cartographiés. Pour Eko, nous avons conçu des processus qui peuvent les aider à étendre leur initiative en matière de services de banque à distance.
Service à la clientèle : Presque tous les clients ont signalé une amélioration des niveaux de service. La cartographie des processus améliore les niveaux de service en examinant les processus pour déceler les goulots d’étranglement, les retards, les erreurs évitables, l’ambiguïté des rôles, les doubles emplois, les transferts inutiles et le temps de cycle. La Kenya Post Office Savings Bank a procédé à des changements qui ont permis de réduire considérablement l’encombrement aux comptoirs bancaires. Nous avons aidé SEED en Inde à effectuer des paiements G2P (de gouvernement à personnes) en concevant des processus de première ligne.
Contrôle des coûts : La cartographie des processus permet d’identifier et d’éliminer les goulots d’étranglement liés aux procédures. Pour Commercial Microfinance Limited (CMF) en Ouganda, la décision de simplifier les procédures de demande de prêt a permis au personnel et aux clients d’économiser temps et argent. FINCA Ouganda signale également une amélioration de l’efficacité.
Banques et SIG : La cartographie des processus est un point de départ fréquent pour les audits de systèmes. Cette approche a permis à FINCA Ouganda d’identifier les faiblesses de son système bancaire et d’orienter les améliorations du système. CMF a été en mesure de documenter et d’améliorer ses procédures de reprise après sinistre.
Rendement et formation du personnel : La description des processus permet de créer des normes de rendement en déterminant la durée d’un processus particulier. Elle facilite l’identification du personnel dont le rendement est supérieur ou inférieur aux attentes en encourageant l’uniformité dans l’application. Elle permet par ailleurs d’améliorer l’attribution des performances en rationalisant les processus et en supprimant les transferts excessifs. En tant qu’outil visuel, les diagrammes de processus peuvent remplacer des pages de texte et raccourcir considérablement les manuels de procédures. Equity Bank utilise déjà les deux premiers niveaux de l’organigramme de processus – l’organigramme et sa description – pour enseigner les procédures aux nouveaux employés et aux employés existants.
Documentation réduite : La plupart des clients et des partenaires signalent des réductions importantes de la documentation. FMC a regroupé les exigences en matière d’information dans un seul contrat de prêt, ce qui a permis de réduire le chevauchement de l’information. A Grameen Sahara, en Inde, le nombre de documents à remplir pour un prêt a été ramené de 24 à 12, et le coût de l’impression et de la papeterie a été réduit à environ un tiers.
Développement de nouveaux produits : La cartographie des processus permet d’adapter les nouvelles procédures relatives aux produits à partir des procédures existantes ou de les développer du début à la fin, ou encore de les modifier facilement avant qu’elles ne soient inscrites dans les politiques et les manuels de procédures. TSKI aux Philippines a cartographié tous les processus liés à son nouveau produit PKK2 afin d’en optimiser les performances et former son personnel sur le nouveau produit.
RR [Responsable Recouvrement] ; RC [Responsable du Centre] ; FRP [Feuille de Recouvrement des Prêts]
Description
– RR se rend à la réunion de groupe avec la feuille de recouvrement remplie des noms de tous les membres du groupe.
– En arrivant à la réunion, RR remplit la feuille de recouvrement en double exemplaire selon les montants dus. RR recueillit ensuite les livrets auprès du RC et les remplit selon les montants prévus.
– Pendant que le RR s’occupe de la documentation, les membres du groupe arrivent à la réunion et commencent à recueillir l’argent (remboursements de prêts et dépôts, amendes, le cas échéant). Une fois que tout l’argent a été collecté, le RC le compte et remet le montant au RR.
– Les RR et RC signent la feuille de recouvrement.
– Le RR compte l’argent remis par le RC.
– Le RR apporte les modifications nécessaires au livret et à la feuille de recouvrement, si le montant ne correspond pas.
– Le RR prépare le registre de présences, qui est signé par les membres du groupe présents à la réunion
– Le RC signe le registre des présences et, en cas d’absence d’un membre, écrit le motif de l’absence après s’être renseigné auprès des autres membres.
– Si une amende a été perçue d’un membre pour retard, le RR ajoute le montant au solde précédent et signe le registre de présences.
– Les membres du groupe prêtent le serment indiqué dans le livret.
-Les membres du groupe quittent la réunion. Les livrets sont retenus par le RC.
– Les membres du groupe quittent la réunion. Les livrets sont conservés par RC
Risques
– Risque d’erreurs, car l’écart entre les paiements exigibles et les paiements réels à effectuer n’est pas vérifié par le RR.
-La feuille de recouvrement est signée par les RR et RC avant la comptabilisation du montant dû et du montant réel.
– Le RR signe systématiquement les FRP, de sorte que le contrôle des risques n’est pas assuré.
– Le RR n’insiste pas sur la nécessité d’une présence régulière. La cohésion du groupe et les remboursements en seront affectés.
Stratégie de mitigation
– Le RR doit d’abord recueillir les fonds auprès du RC, additionner le montant puis entrer les données.
– Feuille d’encaissement à signer par les deux responsables après la comptabilisation du montant dû et le montant réel reçu.
-Le RR doit s’assurer que le RC vérifie le montant total avant de signer.
-Le RR doit insister sur la valeur des groupes et la nécessité de tenir des réunions à intervalles réguliers.
Des organigrammes de processus soigneusement analysés se traduisent par des gains en termes d’efficacité et de gestion des risques, qui l’emportent largement sur l’investissement considérable en temps et en ressources requis pour l’élaboration de ces outils.
Les gestionnaires de microfinance se trouvent souvent devant un paradigme concernant l’engagement du personnel envers le service à la clientèle : ils donnent du travail aux employés, ils offrent des avantages sociaux au personnel, ils paient un salaire compétitif, ils forment le personnel au service à la clientèle, les employés devraient donc assurer un excellent service : c’est leur travail !
Pourtant, il arrive souvent que le personnel ne réponde pas aux attentes en matière de service à la clientèle (voir l’Outil du service clientèle de MicroSave). Un moral bas au sein de l’IMF qui se traduit par un taux élevé de roulement du personnel a un impact direct sur le service à la clientèle. Les gestionnaires qui voient leurs employés se rendre au travail uniquement pour gagner un salaire ont peu de chances d’atteindre leurs objectifs en matière de service à la clientèle.
Le marketing relationnel auprès des employés (MRE) est le processus de création, de maintien et d’amélioration de relations solides et chargées de valeurs avec le personnel. En d’autres termes, le MRE utilise le marketing pour influencer le comportement des employés et créer un effectif qui apprécie l’IMF et sa mission, de sorte que le service à la clientèle devienne une priorité opérationnelle. De la même manière que les institutions de microfinance commercialisent leurs produits et services auprès de leurs clients, elles doivent commercialiser auprès de leur personnel, leur marque, leurs produits et le principe selon lequel leur force commerciale réside dans l’excellence du service à la clientèle.
Une stratégie de MRE bien élaborée peut inclure un programme de récompenses grâce auquel les employés obtiennent des points pour l’excellence du service à la clientèle et des initiatives de perfectionnement professionnel (c.-à-d. que des points sont accordés pour l’excellence de la prestation des services, la participation à des cours de perfectionnement professionnel ou un score constant de 100 % à des quizz portant sur les connaissances des produits). Les employés peuvent alors « échanger » leurs points contre des articles de marque et des événements parrainés par l’entreprise, ou pour appuyer des initiatives communautaires soutenues par l’IMF. Toutefois, l’élaboration d’un programme de MRE prend du temps et peut nécessiter un changement important dans la culture de l’entreprise. Envisagez de commencer par des initiatives simples pour reconnaître la valeur et la contribution du personnel à la réussite de votre IMF. « Surprendre et ravir » les employés ; introduire une évaluation mystère avec des récompenses d’excellence ; ou organiser une journée de « vote » pour permettre aux employés de donner leur avis sur la culture de l’entreprise, en mettant en place des bureaux de vote avec des questionnaires d’enquête sur le climat au sein de l’entreprise, grâce auxquelles vous pouvez jauger le niveau de satisfaction interne et agiren conséquence.
Par où commence le MRE ?
Le succès du MRE commence par l’engagement de la direction à faire du service à la clientèle une stratégie commerciale de base. Une fois que l’excellence du service devient aussi importante que la croissance et la rentabilité (la rentabilité repose essentiellement sur la conquête et la fidélisation des clients, et le service à la clientèle est essentiel à la fidélisation), une IMF peut s’atteler à faire en sorte que le service devienne la directive première pour son personnel. Certaines institutions traduisent la notion d’excellence du service par le désir d’être un « employeur de choix », un objectif aussi important que la rentabilité et le volume des ventes.
L’efficacité d’un programme de MRE repose également sur des normes de service à la clientèle claires, qui sont communiquées de manière efficace à tout le personnel. Comme la plupart des industries de services, le secteur des services financiers s’appuie sur la création de relations de qualité avec les clients. Il incombe au personnel d’établir et de maintenir ces relations, essentiellement par le biais du service qu’il offre aux clients internes et externes. Les normes de service devraient être concises et mesurables. Des programmes de MRE efficaces font participer le personnel à l’élaboration des normes. Cela favorise une adhésion efficace et permet d’aborder, dans le cadre de la politique de service, des problèmes pertinents de service à la clientèle interne et externe.
Répondre aux besoins des clients
Clientèle interne – le personnel qui fournit le soutien à la première ligne et s’occupe de la gestion. Il est tout aussi important de définir des normes sur la prestation mutuelle de service entre les membres du personnel, en s’assurant que les processus fonctionnent de manière efficace pour répondre aux besoins de la clientèle externe de l’IMF.
Clientèle externe – les clients de l’IMF et les autres parties prenantes qui interagissent avec l’IMF (clients potentiels, futurs employés, investisseurs, etc.). En fin de compte, une IMF doit répondre aux attentes de cette clientèle et, espérons-le, les dépasser. C’est grâce à elle que vous existez !
Un champion du MRE, ou un membre du personnel dédié à la gestion des relations avec les employés, est une autre condition préalable au succès. Lorsqu’une personne (ou une petite équipe) est responsable de la conception des initiatives de marketing interne, du maintien de la vision de l’importance du personnel dans le service à la clientèle et de l’évaluation des programmes de MRE, l’IMF s’assure constamment que le personnel est assez motivé pour vouloir faire plaisir aux clients, avoir les bonnes compétences et connaissances pour son travail et accepter l’idée que la relation client est tout ce qu’il y a de plus important.
Mise en marche de MRE
Le MRE vise essentiellement à fournir au personnel des avantages tangibles, émotionnels et expérientiels, en vue d’encourager un bon rendement et un engagement envers le service. C’est aussi un outil de communication puissant qui fournit au personnel des informations lui permettant de répondre aux besoins du client, tout en travaillant vers les objectifs de l’entreprise. Le MRE exige souvent une réorientation vers une culture d’entreprise axée sur le client dans laquelle les comportements, les croyances, les valeurs et les objectifs du personnel en matière de service sont acceptés sans qu’on y réfléchisse.
Commencer petit, avec une vision à long terme : changer la culture d’entreprise prend du temps. Même si votre IMF est centrée sur le client, s’assurer que tous les employés vivent et modélisent cette priorité nécessite des systèmes et des boucles de rétroaction pour maintenir et améliorer les niveaux de service. Essayez de petites initiatives comme la reconnaissance de tous les membres du personnel à l’occasion d’un jour férié spécial ou d’un anniversaire d’entreprise, en donnant à chacun un cadeau estampillé avec vos valeurs. Envoyez des cartes d’anniversaire à tous les membres du personnel ou organisez un pique-nique des employés au cours duquel les cadres supérieurs se mêlent aux employés et font des commentaires positifs sur leurs contributions. Misez sur cette approche en offrant des récompenses plus importantes aux employés qui surpassent les normes de service « de base ». Envisagez un programme de fidélisation du personnel plus solide qui attribue des points pour l’excellence du service, lesquels peuvent être « échangés » contre des marchandises ou des expériences.
Mobiliser des « révolutionnaires » : identifiez les employés clés ayant démontré la capacité à offrir un excellent service à la clientèle et qui peuvent influencer les autres employés. Utilisez ces champions comme des « révolutionnaires » qui testeront, diffuseront et donneront leurs impressions sur les initiatives de MRE. Un programme de « lancement » efficace, tel qu’un événement d’une journée à l’intention de ces modèles d’employés peut servir de tremplin pour le changement de climat au sein de l’entreprise et l’adhésion des pairs. Testez de nouvelles stratégies avec cette équipe dont la tâche est d’influencer et de changer la culture de manière positive, de sorte que l’institution puisse se centrer sur le client.
« Vendre » le credo de l’entreprise en utilisant des concepts clairs et concis : il n’est pas nécessaire que les employés connaissent l’énoncé de mission mot pour mot, mais ils devraient être capables de définir votre engagement fondamental envers le client et la marque de l’entreprise en quelques mots ou phrases clés. Faites ressortir les caractéristiques intrinsèques de votre credo d’entreprise – vos valeurs ou vos promesses clés – en un ou deux énoncés simples, puis faites-en largement la promotion auprès de votre personnel. Affichez ces énoncés dans les endroits où le personnel se rassemble (p. ex. toilettes, salle à manger, économiseurs d’écran, bulletin du personnel, etc.) Renforcez-les par le biais des communications internes et de branding. Le personnel devrait être en mesure d’expliquer vos principes en tout temps : « Nous nous engageons à offrir des services bancaires rapides, honnêtes et conviviaux. Je tiens cette promesse en étant « FAST » ! » [Acronyme anglais signifiant « Friendly, Accurate, Skilled and Trustworthy » (amical, précis, compétent et digne de confiance)].
Offrir des incitatifs : ne vous faites pas d’illusion en pensant que l’argent n’est pas important pour vos employés – ils veulent des salaires concurrentiels. Il est toutefois important de chercher d’autres moyens de récompenser et de motiver les employés au-delà des primes financières. Envisagez des moyens – en dehors de la rémunération financière – de récompenser directement le personnel pour ses performances ou d’en reconnaître la valeur. Pour en savoir plus sur les incitations, consultez la boîte à outils Staff Incentive Schemes Toolkit. (Boîte à outils sur les programmes d’incitation du personnel)
Combler l’écart entre les superviseurs et la prestation des services de première ligne : tous les membres de votre personnel fournissent des services, mais lorsque les employés s’installent derrière la ligne de front, ils peuvent perdre le contact avec les défis que pose la prestation d’un excellent service. Une stratégie à effet rapide consiste simplement à déplacer le bureau d’un superviseur à la vue des caissiers et des clients, pour qu’il puisse aider les caissiers à assurer le service. Les journées « Back to the floor » [système permettant aux cadres supérieurs de quitter leurs bureaux pour travailler côte à côte avec les employés de première ligne afin de mieux comprendre les problèmes auxquels ils sont confrontés et d’améliorer le service] peuvent aussi amener les superviseurs sur la première ligne : exiger que les managers assument le rôle d’agents de crédit, de caissiers et autres rôles clés qui exigent une solide journée d’interaction avec les clients. Enfin, certaines institutions exigent la présence de gestionnaires dans la salle des opérations bancaires pendant les périodes de pointe, comme la fin du mois ou le vendredi après-midi, pour gérer l’afflux de clients. Ces stratégies aident non seulement à créer une solidarité avec le personnel de première ligne, mais aussi à améliorer le service à la clientèle et à rapprocher davantage les gestionnaires des clients.
Embaucher les bonnes personnes : une réévaluation de vos pratiques d’embauche et de vos méthodes de formation du nouveau personnel peut avoir un impact considérable sur le rendement du service client de votre IMF. Les IMF qui embauchent des employés qui privilégient le service à la clientèle et les préparent à faire du service une priorité absolue obtiennent de meilleurs résultats.
Mesurer la différence que fait le MRE
Au fur et à mesure que vous établissez et développez un programme de MRE, l”institution recherchera l’impact des changements qu’elle a apportés, en particulier lorsqu’elle décidera d’investir davantage de ressources dans le MRE. Il existe plusieurs façons de mesurer les changements dans la qualité du service, qui mettent en lumière les améliorations apportées et la valeur du programme en termes du développement des activités :
Evaluation mystère par rapport à des normes spécifiques et mesurables : une fois que vous avez communiqué les normes de service au personnel, visitez régulièrement les bureaux des IMF et demandez des services auprès des employés individuels (les IMF engagent souvent des étudiants, et utilisent de nouvelles recrues ou des entreprises extérieures à cet effet). Communiquez au personnel les résultats de leur évaluation mystère et élaborez un plan d’action pour une amélioration. Les résultats globaux devraient être publiés pour tous les membres du personnel avec des objectifs d’amélioration (assortis de récompenses).
Enquêtes sur le climat au sein de l’entreprise : il s’agit de mesurer la satisfaction des employés à l’égard de divers aspects de leur environnement de travail. Chaque membre du personnel évalue les aspects et donne une appréciation allant de « très satisfait » à « très insatisfait ». La direction peut cibler les secteurs ayant un mauvais score afin de remonter le moral et de fournir un environnement plus satisfaisant. Visez l’amélioration !
Perceptions des clients : des groupes de discussion, des groupes chargés de recueillir les commentaires des clients, des boîtes à suggestions entretenues et des fiches de commentaires permettent de récolter des informations sur les perceptions des clients quant à la qualité du service (ce qui compte, en fin de compte) et de réfléchir sur l’efficacité du MRE.
Système de gestion du rendement : assurez-vous d’avoir en place un système de gestion du rendement solide qui fixe des objectifs en matière de services de base et de compétences, ainsi que des plans de travail pour orienter le personnel vers l’excellence. Le suivi annuel et semestriel fournit des points de contrôle pour mesurer l’efficacité du MRE.
Cartographie des processus : évaluez les améliorations du système, en particulier celles qui bénéficient d’un soutien administratif important pour jauger les changements dans les services offerts aux clients internes et externes (voir : Cartographie des processus : boîte à outils à l’usage des IMF de MicroSave). Recherchez des améliorations apportées en termes d’efficacité.
Le MRE fait partie d’une stratégie intégrée et axée sur l’excellence du service à la clientèle. Les processus institutionnels, les systèmes d’information et la connaissance des clients sont complémentaires à la stratégie de MRE. Pour plus d’éléments sur l’amélioration du service à la clientèle, consultez l’Outil du service clientèle de MicroSave. Une boîte à outils séparée pour la conception de programmes d’incitation du personnel est aussi disponible.
Leçons apprises avec le Programme de Recherche-Action de Microsave (2004)
David Cracknell, Henry Sempangi, Peter Mukwana, Trevor Mugwanga, Lisa Parrot et Graham A.N. Wright
Grâce à son programme de Recherche-Action, MicroSave apprend et dissémine les leçons qui concernent la microfinance orientée marché. Cette fiche documente les leçons apprises en 2004. Les leçons apprises entre 2001 et 2003 sont documentées dans les fiches de synthèse Nº10, 20, et 30 ainsi que dans les rapports associés.
Les progrès avec les Outils MicroSave (1)
Cartographie du processus : L’investigation détaillée du processus à travers sa cartographie exige l’engagement des ressources, mais génère un retour élevé sous la forme des processus simplifiés et une meilleure gestion des risques. Habituellement où la cartographie du processus n’est pas déjà institutionnalisée, plusieurs paris gagnants sont rapidement identifiés. Après avoir connu les avantages, la plupart des PAR ont progressé pendant les mois suivants, en cartographiant la majorité de leurs processus clefs. Le CMF a retravaillé leur processus de création de prêts de manière signifiante pour réduire le temps nécessaire pour accorder de nouveaux prêts. Le FINCA Ouganda a mis en place une gestion plus efficace de leurs groupes bancaires villageois. La cartographie des processus est surtout puissante pour réduire les risques lorsqu’elle est combinée avec la gestion des risques institutionnalisés.
La Gestion des risques : La gestion des risques se trouve au cœur des accords Basel II, et, donc, essentielle à la banque de l’avenir. L’accord demande l’institutionnalisation des risques opérationnels de gestion. Plusieurs des PAR MicroSave ont mis en place l’analyse des risques institutionnels et de produits. Cependant, nous voyons avec l’expérience que cette gestion des risques institutionnalisée est particulièrement difficile lorsque les directeurs des risques opérationnels ne comprennent pas la gestion des risques, ou bien contribuent à ces risques par leurs actions.
Le Service clientèle : Bien que le service clientèle puisse être amélioré par des initiatives individuelles, l’institution doit développer une stratégie de service clientèle et un plan d’action pour maintenir un bon niveau pendant une des périodes d’expansions rapides. La stratégie service clientèle doit institutionnaliser une gamme complète de mesures centrées sur le client. Le KPOSB, Equity et TPB ont déjà fait un premier, mais, important pas, en désignant un Directeur du Service Clientèle pour développer leur stratégie et plan d’action.
Évaluation des coûts de l’antenne : L’évaluation des coûts de l’antenne influence la stratégie future et renseigne les décisions à longs termes. L’UMU a appris où il faisait le plus de bénéfices, et a gagné en perspicacité sur les seuils de rentabilités de nouvelles antennes. L’évaluation des coûts de l’antenne donne des bases pour développer et affiner des programmes de primes pour les employés de l’antenne. Dans quelques cas, les systèmes d’évaluation des coûts sont de simples extensions d’évaluation des coûts produits.
Fixer les prix : Les livres de marketing nous donnent une pléthore de stratégies sur la façon de fixer les prix. Pourtant, beaucoup de ces stratégies, telles que les promotions, les prix d’attaque, etc. ne sont que rarement praticables pour les institutions financières qui desservent le marché des revenus bas. Pour fixer les prix des produits, il faut d’abord évaluer le coût des services financiers, ensuite, comparer les prix avec ceux de la concurrence, et enfin, voir si la perception du client du produit peut justifier un prix élevé. Lorsque cette approche est combinée avec une communication transparente des prix, les résultats peuvent être considérables. Quand l’Equity Bank a re-fixé les prix de ses services en 2002, après avoir fait une recherche du marché, ces changements furent communiqués avec soin. Les ventes des comptes dépôts ont augmenté par dix.
Des tests pilotes – Prêts : Même les produits « sûrs » ont un risque en les développant. Un PAR a développé un prêt sur le salaire, mais a décidé de ne pas faire de tests pilotes. Il a donc sous estimé le suivi exigé et l’étendue de la surveillance nécessaire. Les pertes avec ce prêt ont augmenté, et étaient contrôlés seulement après d’importants changements du système et du processus.
Volume des recommandations qui émanent des outils MicroSave : Travailler avec MicroSave est une activité prenante pour les PAR. Les missions dans les disciplines de MicroSave génèrent un volume important de recommandations à suivre. MicroSave agit en facilitant la capacité de changement au sein des PAR, au lieu d’intervenir directement. Pourtant, le volume de ces recommandations peut être difficile à gérer pour les institutions plus grandes, sans les capacités en gestion des projets.
Institutionnaliser les jeux d’outils : Les PAR affrontent de multiples épreuves en institutionnalisant des jeux d’outils MicroSave, un sujet qui sera étudié à l’avenir. Les raisons comprennent le volume des recommandations générées par MicroSave, mélangé avec les capacités limitées des employés et leur manque de compétences en gestion de projets. Dans d’autres cas, c’est la vitesse de changement qui rend la mise en place difficile de tout ce qui n’est pas une priorité immédiate. Dans les institutions gérées par l’Etat, où la formation est perçue comme une récompense, il est même possible que les mauvais employés aient été formé. Dans d’autres cas, on s’attend à ce que MicroSave fournisse la solution totale, sans avoir besoin d’institutionnaliser chaque outil.
Les systèmes
L’Utilisation des systèmes : Beaucoup d’institutions n’optimisent pas leur système informatique. Des rapports clefs que le système bancaire aurait pu générer, ne sont pas utilisés. Les raisons varient : soit les données essentielles n’ont pas été saisies à l’origine, soit l’institution n’a pas pensé comment optimiser le système. Dans d’autres cas les systèmes bancaires ont failli aux devoirs d’exigences des comptes, et ont eu besoin d’importantes modifications pour produire des données fiables et précises. Ceci est un sujet hautement stratégique, que MicoSave continuera de suivre.
La capacité du système : Dans les institutions à fortes croissances, la capacité du système doit être pensée bien avant d’en avoir besoin, car il peut se passer des mois avant que le nouveau système nesoit en route. Quand le Teba Bank a amélioré son système bancaire, ils ont trouvé que la personnalisation a pris des mois de plus que prévus. Encore pire, au fur et à mesure que le système bancaire se remplit, il se ralentit – chaque transaction prend plus de temps. Lors de l’expansion rapide de l’Equity Bank, ils se sont vite rendus compte que leur système existant ne pourrait supporter des volumes de plus en plus grands.
La banque électronique : MicroSave a une grande expérience en banque électronique, gagnée par son travail avec le Teba Bank, TPB, et le CRDB Bank en Tanzanie. Il est évident, à partir de ces missions, que les institutions qui progressent vers la banque électronique doivent penser davantage à la compréhension des hypothèses de comportement qui étayent leur système électronique. Par exemple, quelle sera la fréquence des transactions différentes et comment augmenter l’utilisation des clients ?
Il y a beaucoup de solutions qui n’apprécient toujours pas le fait que « L’argent est roi », et que dans l’immédiat et le moyen terme, il faudrait se concentrer sur le problème de faire circuler l’argent plus rapidement, au lieu d’essayer de vivre dans une société sans argent. Il faut davantage de recherche et de formation financière sur le sujet de l’intégration de la banque électronique dans la vie des clients à bas revenus.
Institutionnel
Marchés concurrentiels : Dans les marchés de plus en plus concurrentiels, il est difficile pour les institutions ayant des capitaux limités de suivre les changements rapides, surtout lorsqu’il s’agit d’investir dans un nouveau système informatique, une nouvelle infrastructure d’antennes, ou dans une banque électronique. Le TPB, après des années de bénéfices bas, ou de pertes et des taux bas sur leurs Billets de Trésorerie, se trouve face à des choix difficiles pour investir au mieux leurs capitaux limités.
Cultures et patrimoines institutionnels : Le patrimoine d’une institution a une grande influence sur sa façon de fonctionner et de répondre aux difficultés. Le ciblage marketing d’Equity Bank favorise l’expansion, même lorsque le besoin immédiat est la consolidation. Des produits phares ancrés depuis longtemps au Postbanks se battent pour sauver des produits vieillissants. Les relations institutionnalisées au sein des réseaux internationaux tels que le FINCA formulent leur réponse aux challenges.
Le changement institutionnel : Étant donné l’influence des cultures institutionnelles, la tendance est de se concentrer sur l’urgence du moment, au lieu des issues stratégiques. MicroSave et ses partenaires doivent travailler sur la gestion des changements institutionnels. L’Equity Bank est au milieu d’un processus de gestion des changements, et on espère qu’au moins un des Postbanks commencera en 2005.
Fortifier le marketing : Les PAR font face à de multiples challenges dans leur lutte pour développer des fonctions de marketing responsifs. Dans quelques institutions bien établies, le marketing est ciblé sur la promotion, au lieu d’avoir un centrage client plus stratégique et large. D’autres programmes de microfinance ont des difficultés à identifier et recruter des employés adéquats.
Un service marketing orienté client doit faire continuellement de la recherche sur ses clients, pourtant, les compétences de recherches marchés se trouvent fréquemment dispersées dans une institution, par des promotions, des départs, et des mutations. Une formation de recyclage est une option ; une deuxième est le développement des formations de recherches des marchés à l’intérieur de l’établissement.
Un challenge particulier pour Postbanks est de développer des compétences de marketing dans l’antenne, et d’obtenir le soutien du Siège pour promouvoir efficacement leurs produits. L’une des solutions pourrait être de signer des accords internes entre les antennes et les fonctions du marketing, qui détaillent le soutien prévu du marketing et les responsabilités de l’antenne.
1.Cette partie résume l’expérience des différents PAR dans l’utilisation des différents outils MicroSave, ces outils sont disponibles à www.MicroSave.org sous la rubrique Outils.
Cartographie des processus : “boîte à outils” à l’usage des IMF
Mai 2004
La cartographie des processus a été intégrée à “L’outil pour l’analyse du risque institutionnel et de produit pour les IMFs “. Il s’agit d’une méthode qui permet de décider si les mécanismes de contrôle interne intégrés aux procédures d’appui destinées aux nouveaux produits sont adéquats. Il s’agit également d’un outil qui permet d’évaluer les mécanismes de contrôle interne sur la base d’une approche orientée vers la gestion des risques. Cependant, nous n’avons jamais présenté ni expliqué la manière dont doit être réalisé un exercice de cartographie. Cette boîte à outils a pour but de combler cette lacune.
Marketing stratégique pour les institutions de microfinance : Toolkit
Graham A.N. Wright, David Cracknell, Leonard Mutesasira et Rob Hudson, 2003
La microfinance se développe pour dépasser le stade du « crédit aux entreprises » et s’élargir aux « services financiers destinés à réduire la vulnérabilité et améliorer le niveau de vie ». Dans le contexte des Objectifs du Millénaire pour le développement, cette évolution de la portée de la microfinance est opportune et essentielle. Outre le besoin évident de diversification des produits, de façon à offrir aux clients des institutions de microfinance une plus large gamme de services, il est vital pour les IMF de chercher à optimiser leurs systèmes de distribution et de communication. Le secteur de la microfinance peine encore à maximiser l’efficience et l’orientation client de ses systèmes de distribution, et c’est là que réside l’un des ses principaux défis pour la décennie à venir. De plus, les IMF sont sans cesse en butte à des problèmes de communication avec leurs clients et marchés, et perdent ainsi de précieuses occasions de fidéliser et de servir les clients existants ou d’attirer de nouveaux clients. Les stratégies produits et, dans des environnements de plus en plus compétitifs, les stratégies de marque sont devenues essentielles pour la pérennité des IMF.
MicroSave et TMS Financial (une entreprise sud-africaine de marketing disposant d’une vaste expérience dans le marketing des services financiers) ont élaboré un cadre destiné au secteur de la microfinance. Les trois stratégies primaires portent sur les aspects suivants :
Marque et identité institutionnelles, un aspect très important dans les environnements compétitifs, et plus particulièrement (mais non exclusivement) pour les IMF offrant des services d’épargne.
Stratégie produits, qui comprend le développement et la différenciation des produits, le calcul des coûts/la tarification et les stratégies de vente/de communication mises en œuvre par les IMF.
Stratégie de distribution et de service à la clientèle, qui concerne la façon dont les IMF distribuent leurs produits et l’expérience qu’en ont les clients.
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