Service à la clientèle par les centres d’appel

Priyank Mishra, août 2012
Historiquement, le secteur bancaire a été l’un des premiers à adapter les nouveaux dispositifs technologiques afin d’offrir à ses clients un service disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Les logiciels de core banking, les distributeurs automatiques de billets, les services bancaires par internet, etc. ont été conçus pour fournir des services de meilleure qualité et plus facilement accessibles aux clients des banques. Les centres d’appel, les services d’assistance aux clients en agence ou encore les systèmes de courrier électronique ont été développés pour rester en contact avec les clients et garantir un traitement rapide de leurs demandes. Les acteurs de l’inclusion financière en Inde expérimentent différents canaux de distribution pour offrir des services pratiques et accessibles aux clients. Nombreux sont les établissements bancaires, les gestionnaires de réseaux d’agents (GRA) et les fournisseurs de services technologiques qui ont également mis en place des centres d’appel pour rester en contact avec leurs clients et se tenir à leur disposition.
Cet article présente le rôle des centres d’appel dans la communication avec les clients ciblés par les initiatives d’inclusion financière, ainsi que les enseignements et les défis liés à la mise en place et à la gestion de ces centres d’appel.
Rôle des centres d’appel
Les trois principaux rôles des centres d’appel dans la prestation des services de banque à distance sont les suivants :
- fournir des informations aux appelants ;
- traiter immédiatement les plaintes des appelants ;
- initier des demandes de service de la part des appelants.
Les agents ont également recours aux centres d’appel pour signaler des problèmes tels que les pannes de serveur, les difficultés rencontrées avec le personnel de terrain, etc. ou pour obtenir des informations sur la structure des commissions, les caractéristiques des produits, ou sur toute autre question posée par les clients. Ayant pris conscience de l’importance du centre d’appel en tant que fonction de soutien aux agents, un GRA indien de premier plan a même mis en place une ligne téléphonique gratuite séparée. Cette ligne permet de répondre rapidement aux agents sans encombrer la ligne publique dédiée aux clients.

Types de services offerts
Services entrants : il s’agit des services du centre d’appel offerts à la suite d’appels initiés par les clients ou les agents, comme les demandes de renseignements, le traitement des réclamations et l’assistance technique aux agents. Dans ce cas, les opérateurs des centres d’appel sont des professionnels formés qui traitent l’appel entrant et apportent une solution, soit immédiatement, soit en émettant une demande de service qui sera traitée dans un délai défini.

Services sortants : ces services sont offerts dans le cadre d’appels initiés par les opérateurs des centres d’appel qui appellent les clients ou les agents. Ces appels ont pour objectif de promouvoir un nouveau produit ou service, ou de mener des enquêtes de satisfaction. Les appels sortants servent également à sensibiliser les clients à la manière d’assurer la sécurité de leur compte, à les inciter à rester vigilants vis-à-vis des pratiques frauduleuses, et à réexpliquer les caractéristiques des produits.

Dans un centre d’appel qui soutient les services d’inclusion financière, il est très important de donner la priorité aux services entrants, qui forment un volume important. Toutefois, les centres d’appel peuvent également fournir des services sortants pendant les périodes de faible activité de la journée, lorsque les appels entrants sont moins nombreux (généralement pendant les horaires de bureau courants).
Considérations opérationnelles pour la mise en place d’un centre d’appel
Plusieurs banques, institutions financières et GRA impliqués dans l’inclusion financière ont tenté de mettre en place des centres d’appel sous une forme ou une autre. La principale considération opérationnelle lors de la mise en place de cette option de service à la clientèle consiste à choisir entre l’internalisation du centre d’appel ou son externalisation à un tiers spécialisé. Cette décision doit être prise sur la base d’un certain nombre de critères, comme l’adéquation stratégique avec le modèle d’affaires de l’institution et sur la base de considérations commerciales. Ces critères sont présentés dans le diagramme ci-dessous.

Autres considérations importantes
Gestion des ressources humaines et formation : un centre d’appel est généralement doté d’une structure hiérarchique, qui attribue un rôle à chaque niveau. Les opérateurs traitent les appels entrants et sortants et rendent compte aux chefs d’équipe, qui ont une expertise ciblée et qui traitent les appels transmis à un niveau supérieur. Eux-mêmes sont sous la responsabilité d’un directeur qui gère l’ensemble de l’équipe (qualité, objectifs et opérations générales).
La formation est complexe mais essentielle pour répondre efficacement aux clients lors de l’appel. Avec le tout nouveau segment de marché desservi par les programmes d’inclusion financière, il devient particulièrement important de disposer d’un personnel capable de traiter efficacement les appels. Les domaines généralement couverts par la formation comprennent la connaissance des produits et des processus, la résolution des problèmes, la gestion des relations avec les clients et l’utilisation d’autres applications (voir Rôle de la technologie). En outre, les opérateurs reçoivent une formation distincte sur les compétences relationnelles et les aspects comportementaux de la gestion des appels – là encore, il peut être nécessaire de les adapter au marché des faibles revenus.
Critères de contrôle : le contrôle consiste à effectuer des vérifications périodiques pour déterminer le niveau de performance d’un employé par rapport aux normes de performance établies. Le contrôle fournit des informations qui permettent d’évaluer les performances. Sur le plan quantitatif, il est basé sur des critères tels que le niveau de service (taux d’appel conforme aux objectifs), le temps moyen de traitement des appels, et le taux de résolution au premier appel (qui consiste à vérifier si la question soulevée a été réglée par l’opérateur lors du premier appel). Le contrôle de la qualité est également effectué en écoutant et en observant les appels téléphoniques et autres interactions des opérateurs, puis en attribuant une note à ces conversations par rapport aux critères qui déterminent l’efficacité de l’interaction avec le client.
Rôle de la technologie
Certaines applications spécifiques facilitent le traitement des appels et la résolution des problèmes dans les centres d’appel, par exemple :

Gestion des centres d’appel : défis
Comme les acteurs de l’inclusion financière servent des clients dans des zones géographiques diverses, le plus grand défi à relever consiste à répondre aux clients régionaux qui ne peuvent interagir que dans leur langue locale. Les considérations de coût conduiront toujours à privilégier une installation centralisée, c’est pourquoi les centres d’appel se dotent généralement de ressources humaines maîtrisant les langues régionales, sur la base des statistiques des journaux d’appels. Un autre défi consiste à gérer les flux d’appels aux heures de pointe et à s’assurer que les agents ne restent pas inactifs pendant les heures creuses. Pour ce faire, le personnel des centres d’appel travaille par roulement afin de garantir un effectif optimal pendant les heures de pointe. En outre, pendant les heures creuses, les opérateurs inactifs sont utilisés pour passer des appels sortants.
Conclusion
Actuellement, en Inde, les centres d’appel qui soutiennent les initiatives d’inclusion financière fonctionnent soit comme des unités internes entièrement gérées par les organisations participantes, soit comme des centres d’appel externalisés, en fonction de considérations commerciales générales. Certains ORM et certaines banques ayant initié des programmes d’inclusion financière utilisent leurs centres d’appel existants pour répondre aux besoins de la nouvelle clientèle. D’autres ORM ont conclu un accord avec une banque partenaire pour se greffer sur le centre d’appel de la banque. De nombreuses initiatives d’inclusion financière n’ont pas encore mis en place de centre d’appel pour améliorer leur service à la clientèle, ou sont en train de le faire. Au fur et à mesure que les initiatives d’inclusion financière gagneront en maturité et que la concurrence s’intensifiera, les centres d’appel destinés à soutenir le service à la clientèle deviendront des facteurs de différenciation essentiels. Il n’est pas déraisonnable d’affirmer en effet qu’un centre d’appel de qualité est indispensable pour instaurer la confiance dans les systèmes bancaires électroniques et mobiles émergents.



En outre, le renforcement des capacités doit être adapté pour répondre aux différents besoins des IMF naissantes/émergentes et des IMF en expansion/matures. Il y a un besoin urgent d’élaborer des modules de formation complets, pertinents et intégrés relatifs à un vaste éventail de sujets afin de professionnaliser le secteur de la microfinance et ainsi renforcer les cadres de gestion du second niveau tant recherchés au sein des IMF. Le secteur continue de croître et il en est de même pour la demande de cadres compétents. Actuellement, en Inde, les IMF les recherchent généralement auprès des instituts ruraux de gestion – et non pas auprès des instituts indiens de gestion de premier plan qui ont l’appui du MicroFinance Management Institute (Institut de gestion des microfinances).
Pour une période plus longue de formation d’un grand nombre de personnel cadre inférieur/moyen il sera important pour le secteur de la microfinance de chercher à exploiter le potentiel des systèmes d’apprentissage en ligne. Toutefois, les efforts déployés dans ce sens dans d’autres secteurs ont révélé la nécessité d’avoir des systèmes d’apprentissage en ligne supervisés par des modérateurs pour optimiser leur impact. Les IMF devront donc s’impliquer vraiment aussi bien pour modifier le contenu afin de refléter leurs systèmes, leurs politiques et leurs procédures que pour servir de modératrices de sessions interactives dans le but d’apporter une plus-value aux systèmes de formation en ligne de base.
À l’instar des entreprises du secteur privé, les IMF doivent commencer à considérer la formation comme un investissement plutôt qu’une charge. À cet effet elles doivent accorder une plus grande attention à la formation et au renforcement des capacités dans le cadre d’une gestion intégrée des ressources humaines incluant la rétention des ressources humaines. Les personnes qui financent/soutiennent la formation doivent réévaluer ce qu’elles financent et comment elles en mesure le succès, afin de ne plus chercher à se baser sur le « nombre de participants » lors d’une formation mais plutôt sur « l’impact de cette formation » en termes de changements se produisant au sein des IMF.

