En 2019, 63% des 17 millions de Sénégalais ont moins de 25 ans. La proportion de jeunes devrait rester supérieure à 60% de la population sénégalaise jusqu’en 2030 !
Dans ce pays en plein essor économique et en pleine transformation, la jeunesse sénégalaise est de mieux en mieux formée. Cependant, le marché du travail et la structure de l’économie ne répondent pas aux dynamiques du capital humain. Les opportunités se situent elles dans les emplois faiblement qualifiés, notamment dans le secteur agricole.
Quelles sont les pistes de solutions et comment les mettre en place?
Les Objectifs de Développement Durable (ODD) proposent de transformer le monde. L’objectif 6 de « garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous » comprend un objectif clair: faire en sorte d’assurer d’ici 2030, un accès universel et équitable à l’eau potable, à un coût abordable, et mettre fin à la défécation à l’air libre, en accordant une attention particulière aux besoins des femmes, des filles et des personnes en situation de vulnérabilité. Les femmes sont confrontées à un fardeau disproportionné, souvent elles attendent jusqu’à la tombée de la nuit pour faire face au risque de harcèlement ou de viol. Un accès limité aux installations et aux services EHA peut aussi avoir des répercussions négatives sur la fréquentation scolaire, les moyens de subsistance, ce qui impacte également la pauvreté.
Mais l’assainissement peut-il attirer les 114 milliards de dollars par an dont il a besoin pour atteindre les objectifs de développement durable? L’assainissement est un premier besoin et avoir des produits et services d’assainissement accessibles, abordables et bons, reste un des plus grands défis à couvrir.Il est possible d’atteindre cet objectif grâce à des modèles d’affaires innovants.
Dans le contexte de l’explosion urbaine et démographique en Afrique sub-saharienne, le nombre d’utilisateurs potentiels de toilettes s’élève à 220 millions et le nombre de personnes qui n’ont même pas de service d’assainissement de base est de plus de 500 millions. En 2015, seulement 39 % de la population mondiale a utilisé un service d’assainissement géré en toute sécurité; par conséquent, le marché potentiel pour l’amélioration des services de gestion des boues fécalesest encore plus vaste, ce qui signifie également la création potentielle de milliers d’emplois, avec l’aide du secteur privé. En effet, les gouvernements ne peuvent pas répondre à la demande sans l’aide du secteur privé.Les migrations continuent d’augmenter dans les zones urbaines et ceci nécessite des systèmes décentralisés plus petits; desservant les collectivités sans branchement aux egoûts.
À mesure que le revenu des ménages augmente ainsi que la sensibilisation à la santé et à l’hygiène, la demande d’installations EHA améliorées, de même que la capacité et la volonté d’investir dans les installations, augmente. Une série de mécanismes d’activation de la demande et des finances compatibles avec le marché sont nécessaires pour surmonter les obstacles à la participation des clients au marché de l’assainissement.
Les clients manquent souvent de liquidité à cause des revenus instables ou saisonniers, les ménages doivent se tourner vers des fournisseurs de crédit, principalement des IMF ou groupements d’épargne et crédit. Les IMF sont fondamentalement réticentes à offrir des prêts à la consommation ou à trouver la proposition non viable sans soutien extérieur permanent.
La réalisation d’ouvrages et de prestations de services dans la filière assainissement mobilise un grand nombre d’acteurs et une forte diversité de compétences, qu’il s’agisse de la construction et de l’entretien de latrines, de réseaux, de l’évacuation des boues, ou du traitement des boues et des eaux usées.
La difficulté d’atteindre la viabilité commerciale et l’accès limité au capital de l’entreprise constituent des obstacles à la participation des entrepreneurs aux marchés de l’assainissement. Cependant, la participation des entrepreneurs possédant les compétences requises et des entreprises existantes, souvent liées à l’assainissement, peuvent remédier partiellement à cet obstacle. L’assainissement est rarement viable en tant qu’entreprise autonome à temps plein, en particulier dans des communautés dispersées. Pour améliorer la viabilité, les entreprises d’assainissement adoptent des stratégies telles que : l’expansion géographique, la réduction des prix grâce à l’innovation dans la conception des produits et la vente croisée d’autres produits et services. Financer l’assainissement de manière intelligente, c’est-à-dire “au bon endroit”, permet de générer de manière significative des activités économiques et donc la création d’emplois.
Le développement d’une entreprise d’assainissement performante est un processus itératif. Entreprise d’assainissement—mécanisme qui facilite les transactions entre les clients et les entrepreneurs – est souvent inefficace et / ou inefficiente, limitant ainsi la profondeur du marché. Il est nécessaire d’élaborer et de tester de nouveaux modèles de prestation de services et d’affaires pour l’assainissement.
Les infrastructures d’accès à l’assainissement (toilettes ou ouvrages de raccordement à un réseau d’égouts) et la vidange des fosses sont souvent financées par le tarif payé par les usagers ; ils présentent une source pertinente et durable de financement dans la mesure où ils paient pour l’utiliser. Les impliquer dans le financement de l’assainissement assure de plus une meilleure appropriation des ouvrages, de même qu’une meilleure durabilité du service. Leur mobilisation encourage par ailleurs le bon usage et le bon entretien des ouvrages d’assainissement et réduit les situations de dépendance vis-à-vis de financements externes.
Quelques exemples de modèles novateurs axés sur différents domaines de la chaîne de valeur comprennent :
Sanergy (Kenya) construit des produits d’assainissement abordables conçus spécifiquement pour les bidonvilles urbains et les franchises aux membres de la communauté pour servir tous les résidents. Ils collectent les déchets d’assainissement de la communauté à l’aide de charrettes à main et de camions et les convertissent dans une installation centralisée en produits finis tels que les engrais organiques et les aliments pour animaux à base d’insectes.
Sanivation (Kenya) traite en toute sécurité les boues fécales, en utilisant en grande partie l’énergie renouvelable, et les transforme en alternatives améliorées au charbon de bois et au bois de chauffage pour la cuisson et le chauffage. Leur produit final mélange des boues fécales traitées avec du charbon de bois ou de la poussière de bois, ce qui donne des briquettes de carburant qui sont vendues à des fins domestiques et commerciales.
Safi Sana (Ghana)collecte les déchets fécaux et organiques des taudis urbains (toilettes, marchés alimentaires, industries et abattoirs) ; les utilise comme intrant dans une usine où les déchets sont traités dans un digesteur pour créer des engrais organiques, de l’eau d’irrigation et du biogaz. Les ventes de ces produits (c’est-à-dire l’électricité, les biofertilisants, les semis) couvrent les coûts opérationnels, ce qui permet d’assurer une durabilité à long terme.
Les paiements digitaux pour les services d’assainissement ont le potentiel de réduire les coûts de collection des paiements et accroître l’étendue des services. A Madagascar, Loowatt est une start-up qui déploie des toilettes sans eau utilisant une doublure en film pour contenir les déchets et les odeurs. En passant aux paiements digitaux, il a réduit ses charges de 20%.
À 11 ans de la réalisation des ODD et à la grande quantité de ressources nécessaires, nous devons reconnaître la nécessité d’appuyer les entrepreneurs et de développer des modèles de partenariats pour approcher les services d’assainissement. Aujourd’hui, ceux qui n’ont pas ces services de réseau sont ceux qui paient le prix fort.
L’Afrique est devenue le premier continent de l’entrepreneuriat féminin
Avec 600 millions de femmes, l’Afrique est la seule région du monde qui compte plus d’entrepreneuses que d’entrepreneurs. Les femmes produisent près de 65% des biens du continent africain, détiennent le tiers de l’ensemble des entreprises et occupent dans certains pays jusqu’à 70% des emplois salariés. Cependant, le marché de l’entrepreneuriat féminin en Afrique continue de faire face a de réels défis.
“Il faut que j’épargne 10 ans avant qu’on me donne un crédit, ce n’est pas bon, ce n’est pas pour des gens comme moi”.
Bakayoko, originaire du Nord de la Côte d’Ivoire, est venu s’installer à Abidjan il y a une dizaine d’années pour chercher du travail. Il a passé plusieurs tests pour être chauffeur et a aujourd’hui une place stable au sein d’une entreprise de taxis privés. Il aspire à acheter son propre véhicule afin de ne pas dépendre d’un patron qui lui reverse une petite partie des revenus liées à son activité de chauffeur. Pour réaliser son ambition, il doit réunir entre 2,5 et 3 millions de FCFA. Bakayoko a une forte discipline d’épargne, il se donne pour objectif de mettre au minimum 10 000 FCFA de côté par mois. Il considère que l’épargne est le meilleur outil pour maîtriser son avenir et atteindre ses objectifs. L’épargne en Côte d’Ivoire est perçue comme une pratique socialement valorisée et un vecteur d’autonomisation qui est influencé par le réseau social (famille et amis).
Le fait d’épargner pour Bakayoko, lui donne une autonomie et une liberté d’agir sans compter sur son entourage. Il espère maintenant obtenir un prêt auprès d’une institution de microfinance mais ne répond pas aux conditions minimales (garantie, épargne minimum etc.). Par ailleurs, il ambitionne d’envoyer ses enfants à l’université pour qu’ils aient des conditions de vie meilleures que la sienne. Il épargne donc en prévision des études de ses enfants même s’ils sont encore jeunes. Des épargnants comme Bakayoko sont nombreux mais ils ne trouvent pas des produits bien adaptés à leurs besoins. Pourtant, avec le numérique, des solutions d’épargne, plus dynamiques, accessibles à tous, rentables ont vu le jour.
Les institutions financières ont vu naître avec le numérique, des produits financiers simples et pratiques. Épargner a donc évolué et les moyens pour épargner varient. En effet, des produits d’épargnes digitaux, flexibles, qui s’adaptent aux cibles et créent la rupture avec les produits d’épargnes traditionnels (livret A, DAT…) se développent sous différentes formes, mais sont encore peu connus du marché. Ils offrent un meilleur suivi des placements et la possibilité de faire des transactions ( acquisitions, contrats d’assurance, etc.) avec des plateformes comme wesave ou yomoni qui proposent de l’épargne digitale. L’épargne digitale permet grâce à des algorithmes adaptés, un parfait référencement du site (SEO), de proposer en fonction des profils des internautes, une gamme de produits d’épargne. La banque mobile Chime permet ainsi à ses jeunes clients d’épargner automatiquement par arrondi à chaque achat. En mai dernier, l’entreprise californienne annonçait avoir déjà séduit un million d’utilisateurs. La startup Digit propose, quant à elle, « d’épargner de l’argent sans même y penser » en calculant le montant optimal à mettre de côté selon le rythme de vie de ses utilisateurs.
L’implication des cibles dans la conception est indispensable dans l’adoption d’un produit d’épargne digitale. Bakayoko aimerait ouvrir un compte dans une institution financière et épargner avec la promesse d’obtenir un prêt. Mais il ne le fait pas, car les conditions d’ouverture de compte et d’obtention de crédit, le découragent: garanties, justificatifs de revenus, dépôt minimum, transformation de l’épargne en crédit pas avantageux. Bakayoko aimerait ouvrir un compte dans une institution financière qui ne demande pas de dépôt minimum et accorde des microcrédits pour évaluer la capacité de remboursement de l’emprunteur. Bakayoko a une discipline d’épargne et des revenus stables lui permettant de rembourser un crédit. La mise en place d’une solution d’épargne digitale permettrait sur la base des opérations effectuées par Bakayoko, de lui attribuer une note qui permettrait ainsi d’évaluer ses capacités de remboursement.
Les contraintes réglementaires sont aussi à prendre en compte. Dans l’UEMOA, ces contraintes ont motivé des partenariats entre emetteurs de monnaie électronique(EME) et banques ou assurances pour offrir des produits d’épargne « digitale » comme « MOMO Kash » et « Blê Blê ».
Quels avantages offrent l’épargne digitale?
L’épargne digitale propose différents produits simples et à forte valeur à un marché non restrictif. Piggou devenue Yeeld sont des exemples d’innovation avec “la possibilité de constituer une épargne à partir des arrondis des paiements par carte”. Les sommes épargnées sur Yeeld pourront être transférées sur un wallet (portefeuille électronique) Amazon. Dans ce cas, l’utilisateur bénéficiera d’une augmentation de son pouvoir d’achat de 4%. La pertinence d’un tel service améliore l’image de l’institution et favorise l’adhésion clients.
Le vaste marché de l’épargne digitale, est opportun pour réduire la thésaurisation, l’exclusion financière, rendre les flux financiers formels et générer des revenus fiscaux additionnels pour une politique économique plus adaptée.
Quelles sont les conditions de succès au développement de l’épargne digitale ?
La baisse des coûts et l’extension des réseaux 3G et 4G, permet à des systèmes traditionnels comme les tontines de se numériser. L’épargne digitale, en plus d’un cadre juridique qui protège les acteurs, a besoin: d’un service clients réactif, de systèmes inter-opérables, de plateformes sécurisées, d’une communication suffisante et ciblée (tenant compte du niveau d’alphabétisation) et de produits attractifs.
Les gens comme Bakayoko préfèrent, choisissent et utilisent des services financiers en fonction de leur disponibilité, leur réseau social, leur comportement, leur éducation financière et leur besoin. Pour avoir un effet transformateur, les clients potentiels des solutions d’épargne digitale ont également besoin d’une meilleure compréhension de la façon dont ils peuvent utiliser ces produits financiers pour leur propre bénéfice.
Offrir des services financiers digitaux qui ont du sens pour les utilisateurs : Étude des pratiques et instruments de gestion financière en Côte d’Ivoire
Mélissa Rousset et Nadine Zoro, mai 2017
Bien que le marché de la finance digitale soit en pleine croissance en Côte d’Ivoire, le taux d’activité des souscripteurs reste faible .
Les clients n’utilisent pas les services financiers digitaux parce que l’offre actuelle ne répond pas à leurs pratiques de gestion financière et leurs besoins.
L’étude porte sur l’une des causes identifiées du faible taux d’activité des utilisateurs des services financiers digitaux. Spécifiquement, elle propose de :
Comprendre les pratiques et outils de gestion financière de la population ivoirienne
Proposer des concepts de produits et services complémentaires aux stratégies financières existantes
Mettre à disposition des acteurs de l’écosystème de la finance digitale un processus pour la conception de produits orientés par le marché
Des compteurs intelligents pour améliorer l’alimentation en eau de l’Afrique rurale
George Muruka, mai 2018
À l’heure actuelle, près de 663 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à une eau potable propre et saine. Les services d’argent mobile ont ouvert de nouvelles frontières pour le développement et la promotion de services de base destinés au marché de masse. Le fonds d’innovation Mobile for Development – Utilities (« la téléphonie mobile au service du développement : services aux collectivités ») de la GSMA finance des projets pilotes pour tester des innovations susceptibles d’améliorer l’accès à l’eau et à l’énergie grâce à des systèmes de services prépayés (aussi appelés systèmes PAYG pour « pay-as-you-go » en anglais), qui prennent notamment la forme de compteurs intelligents (« smart meters » en anglais).
Les compteurs d’eau intelligents, également appelés « compteurs communicants » ou « compteurs multifonctions », permettent de mesurer la consommation, les fuites et la qualité de l’eau. Surtout, ils sont capables de transmettre des données vers un portail ou un appareil à distance pour d’autres analyses ou actions. Les compteurs d’eau intelligents utilisent des capteurs intégrés et des systèmes digitaux fondés sur « l’internet des objets ». Les entreprises technologiques s’appuient actuellement sur cet internet des objets pour développer et promouvoir les compteurs intelligents.
L’accès, la qualité et les moyens de paiement sont les trois grands obstacles qui limitent la distribution d’eau et d’autres services de base au sein des populations à faibles revenus. Une combinaison de compteurs intelligents et de systèmes de paiement plus pratiques permettrait de lever une partie de ces obstacles pour favoriser un accès universel aux services d’alimentation en eau au sein des ménages à faibles revenus.
Ces solutions créent de nouveaux services qui promettent une amélioration de l’accès à l’eau en Afrique. Leur développement contribuerait de manière significative à la réalisation de l’Objectif de développement durable no 6 des Nations Unies, qui vise à garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable d’ici à 2030.
La société britannique Eseye Engineering figure parmi les entreprises qui fabriquent des compteurs intelligents. Ces appareils sont équipés de capteurs qui autorisent de multiples fonctionnalités utilisant la téléphonie mobile. À l’heure actuelle, ces solutions sont surtout adoptées par les distributeurs d’eau. Leur taux de pénétration reste faible au niveau des ménages alors qu’elles pourraient transformer de manière significative l’accès aux services d’alimentation en eau.
L’Office des eaux de Lilongwe et la Compagnie des eaux de Nairobi ont testé des solutions eWaterPay, également appelées « distributeurs d’eau », à des points de vente d’eau potable. Les clients utilisent des cartes NFC (Near Field Contact : carte de paiement sans contact) prépayées pour acheter de l’eau. Ces installations permettent de réduire la distance que les gens doivent parcourir pour se procurer de l’eau et réduisent aussi les risques de contamination. Sachant que les compteurs permettent d’obtenir des relevés détaillés d’opération, de nombreux détaillants sont maintenant prêts à se lancer dans la distribution d’eau. L’augmentation du nombre de revendeurs d’eau permettra d’élargir l’accès de proximité à une eau de qualité. Le système de prépaiement permet en outre aux consommateurs de surveiller leurs dépenses d’approvisionnement en eau.
L’installation de ces compteurs à prépaiement au niveau des ménages ouvrirait un potentiel considérable de développement de l’alimentation en eau. Les ménages auraient la garantie de pouvoir accéder à une eau de qualité tandis que les distributeurs auraient la garantie d’être payés grâce au système PAYG. Les sociétés de services collectifs bénéficieraient également d’une garantie d’encaissement grâce aux services d’argent mobile et seraient par conséquent incitées à développer leur réseau et leurs infrastructures de distribution d’eau.
Cependant, l’adoption de ces technologies reste lente dans de nombreux pays africains. Le Kenya, la Tanzanie et le Ghana présentent par exemple des taux peu élevés de pénétration en raison de la faiblesse des investissements qui permettraient de faciliter des partenariats pour la diffusion de ces nouvelles technologies. Lors de la conférence Mobile 360 de la GSMA à Dar es Salam, des innovateurs ont fait état de besoins en capitaux de l’ordre de 500 000 à 2 millions d’US$ pour améliorer les solutions existantes sur la base des enseignements tirés des essais pilotes avant leur lancement à grande échelle. Ces besoins exigent des investisseurs privés. Les organismes de développement qui financent les essais de départ devraient par conséquent mettre en contact les innovateurs avec des investisseurs privés potentiels pour la phase de développement à grande échelle. Nous pensons par exemple que les sociétés de services aux collectivités pourraient être intéressées par des initiatives de cette nature.
Comme le note le programme eau & assainissement de la Banque mondiale pour l’Inde, les pratiques inadaptées de facturation et de recouvrement des sociétés de services aux collectivités ont d’énormes implications commerciales qui ont une incidence importante sur leur solvabilité et leur accès aux financements commerciaux. Un essai pilote de compteurs d’eau à prépaiement auprès de 200 ménages réalisé par Water Tek Africa sur une période de trois mois en Tanzanie a conduit à une amélioration de 30 % des recettes encaissées et à une réduction de 20 % des coûts d’exploitation de la société de distribution d’eau.
Enfin, les consommateurs ont besoin d’être accompagnés pour s’adapter aux nouvelles technologies. Quelques questions subsistent malgré tout : quel serait le coût d’installation de compteurs de cette nature au niveau des ménages ? Quel serait le service après-vente fourni par la société de distribution d’eau ?
En Tanzanie par exemple, le distributeur d’électricité TANESCO a mis en place des inspecteurs chargés de surveiller les compteurs prépayés pour vérifier leur bon fonctionnement et minimiser les pertes non techniques.
Un marketing social adéquat est également nécessaire pour susciter une demande suffisamment importante qui favorisera l’adoption des compteurs prépayés. Les travaux antérieurs de MicroSave Consulting (MSC) sur le soutien des consommateurs fournissent des informations utiles concernant la mise en place de solutions novatrices de cette nature pour améliorer l’accès et l’impact des services de distribution d’eau et d’assainissement.
Les interventions de développement ont permis de réaliser d’importants progrès en matière d’accès à l’eau. Des millions de personnes restent néanmoins privées d’accès à une eau potable propre et saine, principalement dans les pays en développement. Cette situation a pour conséquence une incidence élevée de maladies diarrhéiques qui sont souvent mortelles. L’adoption de systèmes PAYG permettrait de généraliser l’accès à l’eau courante au niveau des ménages grâce aux compteurs intelligents.
Les essais pilotes en cours laissent entrevoir un potentiel de changement considérable dans le secteur de la distribution d’eau grâce à l’adoption des compteurs intelligents, comme cela a déjà été le cas pour les secteurs de l’énergie et de la téléphonie mobile en Afrique de l’Est et au-delà. Ces systèmes permettent aux ménages de maîtriser leur consommation d’eau et de la payer plus facilement, tout en améliorant les recettes collectées par les sociétés de services aux collectivités, qui pourront ainsi investir dans leur réseau.
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