Survie, rétablissement et résilience : La transformation des institutions financières dans le contexte de la COVID-19 – 1ère partie

Survie, rétablissement et résilience : La transformation des institutions financières dans le contexte de la COVID-19 – 1ère partie

 

Anup Singh et Graham A. N. Wright, août 2020

Sur le marché animé de City Park à Nairobi, Philip tient un stand de fruits. On trouve d’autres étalages de fruits sur le marché, mais ils ne sont pas à la hauteur de la qualité de son service, qui fait le bonheur des clients. Depuis ses débuts il y a 12 ans, Philip n’a pas ménagé ses efforts pour développer son entreprise. Il attribue son succès à l’accès régulier au crédit d’une institution financière. Mais son entreprise n’a pas toujours connu une croissance régulière et a été au bord de la faillite à deux reprises.

La première fois que Philip a failli cesser son activité, c’était en 2016, juste après le plafonnement des taux d’intérêt par le gouvernement dans un contexte général de resserrement du crédit. La deuxième fois que son entreprise a été menacée, c’était en 2017. La crise électorale avait entraîné beaucoup d’incertitude et d’instabilité économique dans le pays. Dans les deux cas cependant, Philip était optimiste et son entreprise a effectivement réussi à reprendre le dessus à temps. Mais avec la pandémie de COVID-19, il a perdu cette fois tout espoir.

Philip n’est pas un cas unique. Plus de 300 millions d’entreprises des économies émergentes dans le monde entier se trouvent dans la même situation. La pandémie mondiale a affecté la vie, la santé et les moyens de subsistance des entrepreneurs, qui ont des difficultés à rembourser les prêts contractés auprès des institutions financières. Ces institutions financières sont confrontées à un cercle vicieux, la mauvaise qualité des actifs exerçant une pression continue sur les liquidités et la rentabilité. La crise financière risque de compromettre 10 ans de progrès en matière d’accès financier si les institutions financières ne reçoivent pas de soutien en temps utile.

La pandémie mondiale accroît également la nécessité d’amorcer la transformation digitale, et les opportunités pour le faire. Cette transformation sera à la fois une réponse à la crise actuelle, qui pourrait bien persister pendant des années encore si aucun vaccin pleinement efficace n’est trouvé, et une réponse à un avenir de plus en plus incertain. Les virus mutent, de sorte que le vaccin pourrait perdre son efficacité d’une année sur l’autre, comme c’est le cas pour la grippe. En outre, la probabilité de pandémies similaires futures s’accroît à mesure que se poursuit la destruction de l’environnement naturel.

Dans ce blog et le suivant de la même série, nous examinons comment les donateurs et les investisseurs peuvent soutenir les institutions financières en cette période d’incertitude.

Voici quelques recommandations de MSC pour la survie des institutions financières confrontées à la crise de la COVID-19.

 

  1. Évaluer l’environnement opérationnel et l’impact de la pandémie sur les clients et les institutions elles-mêmes

Les institutions financières doivent évaluer l’impact de la pandémie sur le secteur financier au plan national. Elles sont également encouragées à évaluer l’impact de la COVID-19 sur leurs clients, afin d’acquérir une bonne compréhension de leurs besoins, de leur attitude, de leurs perceptions et de leur comportement. Cette analyse aidera les institutions à définir des priorités dans leurs stratégies de rétablissement.Les institutions financières doivent d’abord comprendre leur nouvel environnement opérationnel pour élaborer des stratégies de survie. Les gouvernements ont mis en place des politiques et des mesures à leur intention. Les institutions doivent examiner ces mesures et voir comment les utiliser au mieux pour bénéficier des dispositifs politiques, réglementaires et de surveillance.

Les institutions financières doivent étudier l’impact de la crise au niveau institutionnel afin de déterminer les mesures à prendre pour assurer la survie et le rétablissement de l’activité, et renforcer leur résilience. Parmi les aspects importants à prendre en compte figurent :

  • les aspects financiers, notamment l’adéquation des fonds propres et la structure de financement, la composition des financements et l’utilisation d’instruments financiers pour réduire les différents risques ;
  • les aspects relatifs au portefeuille, tels que la qualité, la concentration et la diversité des actifs ;
  • les stratégies de gestion des risques ;
  • les aspects liés aux ressources humaines, notamment les besoins éventuels de licenciement, l’impact sur les effectifs et les besoins de réaffectation du personnel.

Il est important de noter que tous les individus et toutes les entreprises ne sont pas dans la même situation. Nos recherches montrent que 20 % des entreprises – en particulier celles qui fournissent des « services essentiels » – n’ont pas été gravement touchées. Ces entreprises peuvent être encouragées à continuer à rembourser.

Les institutions financières peuvent ensuite développer des stratégies de survie en s’appuyant sur ces enseignements.

  1. Créer une cellule de gestion de crise pour prendre des décisions rapides et efficaces

Dans un premier temps, les institutions peuvent mettre en place une unité pour gérer la crise pendant et après la pandémie. Idéalement, cette unité doit avoir des pouvoirs exécutifs et doit être prête et apte à prendre des décisions immédiates et proactives. L’unité doit développer des réponses stratégiques et institutionnelles rapides pour gérer les risques immédiats et à court terme. Dans la conception et la mise en œuvre de ces réponses, elle ne doit jamais perdre de vue l’avenir de l’institution et sa stratégie de transformation digitale.

  1. Élaborer un plan de continuité des activités, accompagné d’une analyse de scénarios pour décider des actions immédiates et à court terme

L’étape suivante consiste à élaborer un plan de continuité des activités à différents horizons temporels. Les institutions peuvent procéder à des tests de résistance dans le cadre de plusieurs scénarios afin d’intégrer des hypothèses concernant la date de fin de la pandémie, les ressources financières disponibles ou à venir et les postes de dépenses pouvant être rationalisés. Les plans de continuité des activités doivent être continuellement révisés au cours de leur élaboration pour prendre en compte l’évolution de la situation et de son impact, élaborer des scénarios et affiner la budgétisation des différents scénarios. Les institutions peuvent avoir besoin d’optimiser les dépenses, de réduire les coûts et de réviser le prix des produits en conséquence.

  1. Donner la priorité à la santé des clients et du personnel

Le modèle à forte interaction des institutions financières peut exposer le personnel au risque d’infection et par conséquent nécessiter une sensibilisation des membres du personnel aux précautions sanitaires. Le personnel peut minimiser le risque de contamination lors des réunions avec les clients, lors du service aux clients et lors de la manipulation d’espèces. Les institutions peuvent consacrer du temps à expliquer les mesures de désinfection des locaux et appareils, de distanciation sociale et d’utilisation d’équipements de protection. Les institutions peuvent également réorienter le rôle du personnel de terrain afin qu’il fournisse des conseils en santé communautaire. Pour démontrer le civisme de l’entreprise et l’attention portée aux clients, les membres du personnel de terrain doivent éduquer les clients sur les mesures préventives et orienter les personnes présumées atteintes de la maladie vers les lieux où elles peuvent effectuer un dépistage ou un test.

  1. Assurer une communication interne et externe pour gérer les attentes et donner à toutes les parties prenantes des indications sur la voie à suivre

Dans l’immédiat, les institutions financières doivent assurer une bonne communication avec le personnel, les clients, les donateurs, les investisseurs et les autres parties prenantes. Les institutions peuvent se concentrer sur la communication interne concernant la restructuration des fonctions, la sécurité et le bien-être du personnel, les stratégies de gestion du portefeuille et des risques, et la révision des structures et des responsabilités professionnelles. Par ailleurs, les institutions peuvent renforcer la communication externe sur l’impact de la pandémie sur les clients, le personnel et le portefeuille, les mesures de continuité des activités, les mesures de gestion du portefeuille et des risques, et l’actualisation régulière des réponses institutionnelles.

Dans le prochain blog, nous examinerons comment les institutions peuvent formuler des stratégies de rétablissement et de résilience pour gérer la reprise pendant et après la pandémie.

Les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les réseaux d’agents – Rapport sur l’Ouganda

Les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les réseaux d’agents – Rapport sur l’Ouganda

 

 

Doreen AhimbisibweAnup SinghAakash Mehrotra et Mohak Srivastava, juillet 2020

Ce rapport sur l’impact de la COVID-19 sur les réseaux d’agents en Ouganda fournit un aperçu des défis auxquels les agents sont actuellement confrontés et de leurs stratégies d’adaptation.

Il fait état des connaissances des agents sur l’impact de la pandémie sur leur famille et leurs entreprises. Il examine leurs stratégies pour minimiser les menaces et maximiser les opportunités commerciales en ces temps difficiles.

Il révèle que la plupart des agents sont conscients de la pandémie et prennent des précautions pour empêcher sa propagation mais craignent un impact négatif sur leurs activités.

Le faible volume et la faible valeur des transactions ont considérablement réduit leurs revenus. En conséquence, beaucoup ont commencé à utiliser leur capital pour survivre ou répondre à leurs besoins de première nécessité.

Le rapport propose également des idées de soutien supplémentaire que les prestataires de services financiers peuvent apporter à ces agents pour les aider à surmonter la crise de la COVID-19 et se reconstruire une fois la crise passée.

Les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les réseaux d’agents – Rapport sur le Kenya

Les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les réseaux d’agents – Rapport sur le Kenya

 

 

Diana SiddiquiEvelyne MatibeOlivia Obiero and Anup Singh, juillet 2020

Ce rapport sur l’impact de la COVID 19 sur les réseaux d’agents au Kenya fournit un aperçu des défis auxquels les agents sont actuellement confrontés et de leurs stratégies d’adaptation.

Il souligne que les agents sont confrontés à d’importants risques de santé en raison de la poursuite de leurs activités commerciales pendant la pandémie. Il examine les mesures de soutien que les prestataires de services financiers pourraient mettre en place pour les aider à mieux respecter les mesures de sécurité.

En raison d’une forte baisse de la fréquentation par les clients, de la réduction des horaires d’ouvertures, d’une baisse significative du volume et de la valeur des transactions et de dérogations sur les tarifs de transaction, les agents ont subi une baisse de plus de 40 % de leurs revenus générés par les commissions.

Le rapport formule des recommandations destinées aux responsables politiques et aux prestataires de services financiers pour relever ces défis.

Les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les micro-, petites et moyennes entreprises (MPME), rapport sur le Kenya

Les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les micro-, petites et moyennes entreprises (MPME) – Rapport sur le Kenya

 

 

Diana SiddiquiEvelyne MatibeOlivia Obiero and Anup Singh, juillet 2020

Les micro-, petites et moyennes entreprises (MPME) du Kenya luttent pour leur survie dans un contexte de baisse significative de leurs revenus suite à la pandémie de COVID-19.

Ce rapport fait le point sur les répercussions de la COVID-19 sur ces MPME ; il présente leurs stratégies d’adaptation et formule des recommandations destinées aux responsables politiques et aux prestataires de services financiers afin de leur venir en aide.

COVID-19 : signes avant-coureurs des changements de comportement des consommateurs parmi les clients de FinTech

COVID-19 : signes avant-coureurs des changements de comportement des consommateurs parmi les clients de FinTech

 

Anshul SaxenaAkshat PathakAnil Gupta et Devraj Hom Roy, juillet 2020

« Ce qui est menacé aujourd’hui, ce sont des décennies de progrès dans la réduction de la pauvreté et l’amélioration de l’inclusion financière. »

– Michael Schlein, Accion

38 % des petites start-ups sont déjà à court de trésorerie en Inde et ce ne sont là que les premières victimes de l’impact de la pandémie. Si ce chiffre semble déjà inquiétant, les entrepreneurs de FinTech doivent se préparer à un bouleversement susceptible de redéfinir les principes mêmes des activités commerciales en Inde, alors que les effets dévastateurs de la COVID-19 ont commencé à modifier le comportement des consommateurs. Que peuvent faire les FinTech en réaction à ce changement ? La réponse, comme d’habitude, dépend de la capacité à utiliser les données de manière collective et intelligente.

Choc et stupeur : les effets immédiats du comportement des consommateurs sur les FinTech

Sur la base de discussions avec une série de FinTech, d’investisseurs et d’associations professionnelles, nous avons identifié des effets importants sur les segments du crédit et de l’épargne au cours des dernières semaines.

Pas de répit pour les prêteurs : Le confinement est entré en vigueur le 24 mars 2020 en Inde, ce qui a entraîné des perturbations de l’approvisionnement et une baisse de la consommation. Les consommateurs ayant choisi de réduire leurs dépenses et les MPME ayant subi les effets négatifs des contraintes de mobilité des consommateurs et de la chaîne d’approvisionnement, les banques et les prêteurs digitaux ont réduit leurs prêts aux MPME de 5,4 %. Même les FinTech de crédit de détail n’ont pas été épargnées par les effets de la pandémie. Ces FinTech, qui se concentrent principalement sur le segment à faible et moyen revenu, ont été les plus durement touchées par le confinement. Environ 85 % des travailleurs migrants n’ont perçu aucun revenu depuis le 24 mars, tandis que le taux de chômage a atteint 23,52 %. Sans surprise, de nombreux emprunteurs ont opté pour un moratoire de trois mois sur les prêts offerts par la Reserve Bank of India, qui a été prolongé depuis jusqu’au 31 août 2020. Les banques traditionnelles ont connu une forte augmentation des retards de remboursement. Le graphique ci-dessus met en évidence une tendance inquiétante à l’augmentation des prêts sous moratoire, proportionnelle au niveau de risque des emprunteurs des banques ; les petites banques s’adressant aux segments inférieurs du marché ont le montant le plus élevé de prêts sous moratoire.

Nous pouvons extrapoler ces pourcentages aux prêteurs digitaux qui prêtent généralement à des emprunteurs encore plus risqués. Pour aggraver les choses, les sociétés financières non bancaires (SFNB) de crédit digital sont maintenant paralysées par un manque de liquidités, car les banques ne leur ont pas accordé de moratoire. Un double coup dur pour les prêteurs digitaux, dont les remboursements se sont taris alors qu’ils sont dans le même temps dans l’obligation de rembourser leurs prêts. Le co-fondateur d’un grand établissement de crédit digital ironise sur la situation : « 60 % de nos clients ont opté pour un moratoire, alors que seulement 40 % environ de nos prêteurs nous ont proposé un moratoire. La situation risque d’être bien pire dans les petits établissements financiers. »

Peur et renoncement à l’épargne en banque : En Inde, les FinTech ou « WealthTech » d’épargne offrent généralement des rendements supérieurs à ceux des banques grâce à des produits basés sur le marché et adaptés au profil de risque estimé des individus. Par exemple, elles peuvent offrir un taux d’intérêt d’environ 6 % sur un fonds liquide, contre 4 % sur un compte d’épargne bancaire. Cette demande s’appuie sur des marchés haussiers et sur l’augmentation du revenu disponible. Alors que le marché boursier indien a connu sa pire perte journalière le 23 mars 2020, avec une baisse de 12,98 % du NIFTY 50, le chômage et les réductions de salaire ont continué à faire baisser le revenu disponible. En avril, le nombre de personnes employées a chuté de 28 % en glissement mensuel, et environ 27 millions de jeunes ont perdu leur emploi. L’effondrement des marchés et les pertes d’emploi ont bien sûr entraîné des rachats massifs, le secteur des fonds communs de placement faisant état d’une sortie nette de 27,6 milliards USD. L’incertitude concernant le vaccin contre la COVID-19, l’ouverture de l’économie et la volatilité du marché ont collectivement incité les consommateurs à accumuler de l’argent liquide, perçu comme une valeur refuge. Les WealthTech, qui tirent principalement leurs revenus de commissions de suivi sous forme de pourcentage de leurs actifs sous gestion, sont sous le choc de ces rachats et de l’assèchement des nouveaux investissements.

Existe-t-il un risque plus profond ?

Les FinTech d’épargne, soutenues par le Securities and Exchange Board of India (SEBI) et des organismes tels que l’Association of Mutual Funds in India (AMFI), ont consacré plus d’une décennie d’efforts à éduquer le segment supérieur des personnes à faible et moyen revenu sur les avantages des investissements sur les marchés financiers. L’effondrement des marchés provoqué par la pandémie risque de saper la confiance de cette catégorie de « nouveaux venus » dans les investissements. Ce segment est étranger et hostile à l’idée d’érosion du capital. L’infographie ci-dessous explore les conséquences pour Jaideep, qui a travaillé comme coursier pour une application leader de livraison de plats depuis 2018.

Contrairement aux investisseurs avertis, la plupart des individus du segment à faible et moyen revenu sont fréquemment confrontés à des besoins de liquidité. Il en résulte des retraits prématurés et donc la réalisation de pertes. Par exemple, en cas d’urgence médicale, un chauffeur de taxi migrant à Mumbai est susceptible de liquider ses investissements alors que ses rentrées de fonds existantes servent à rembourser son prêt automobile. Sans tenir compte de la valeur présente de ses investissements, le chauffeur est susceptible de compromettre ses plans à long terme. Les segments les plus aisés, en revanche, peuvent se permettre de conserver leur investissement et de prévoir leur sortie lorsque les rendements sont proches du maximum. La crise actuelle pourrait potentiellement décimer la confiance récemment acquise de personnes comme Jaideep ou notre hypothétique chauffeur de taxi dans les plateformes d’épargne digitale et les tenir à l’écart pour les années à venir, ce qui nous ferait reculer d’une décennie.

Les prêteurs digitaux sont quant à eux confrontés à des changements dans le comportement de remboursement des emprunteurs. L’asymétrie de l’information et la détérioration de la discipline de remboursement due au moratoire annoncé sont les principaux facteurs à l’origine de ce changement. Les emprunteurs désorientés des régions reculées du pays considèrent le moratoire comme une exonération ou une dispense de remboursement sans accumulation d’intérêts. Les effets préjudiciables des renonciations aux remboursements de prêts agricoles sur la culture du crédit des agriculteurs sont bien documentés, et il faudra peu de temps avant que celle des emprunteurs de crédit digital ne subisse le même sort. Dans l’ensemble, le moratoire pourrait entraîner une augmentation alarmante des actifs non productifs (ANP) une fois qu’il sera levé. Nous pourrions également assister à une détérioration de la discipline de remboursement des nouveaux prêts, ce qui obligerait les prêteurs soit à augmenter les taux d’intérêt des prêts, soit à se détourner complètement du segment à faible et moyen revenu.

Que peuvent faire les FinTech aujourd’hui ?

Les FinTech doivent tirer parti de ce changement de comportement des consommateurs à l’aide des armes les plus puissantes de leur arsenal – données et technologie. Elles peuvent utiliser la tactique suivante en quatre points dans la lutte contre les effets de cette pandémie :

  1. Les prêteurs digitaux doivent aborder les segments de clientèle de manière différenciée : selon qu’ils prêtent à l’élite et aux classes aisées ou aux segments à faible et moyen revenu, les prêteurs digitaux peuvent choisir une stratégie opt-out ou opt-in pour accorder des moratoires. Le prêteur peut rendre le moratoire applicable à tous les prêts par défaut, à moins que les emprunteurs n’y renoncent explicitement, et inversement. Une stratégie opt-out pour le segment à faible et moyen revenu présente deux avantages essentiels :
    • Ce segment est le plus sévèrement touché. La stratégie opt-out place les emprunteurs sous moratoire par défaut sans exiger d’action de leur part. Cela peut aider les ménages à améliorer leur santé financière à long terme et à identifier la marque du prêteur comme une source de crédit privilégiée pour les besoins futurs. Toutefois, cela exige une communication claire et cohérente afin de s’assurer que les emprunteurs sont conscients du risque de défaut de remboursement et de ses conséquences ;
    • En raison du double facteur de la perte de revenus et de l’asymétrie d’information dans le segment à faible et moyen revenu, les emprunteurs sont peu susceptibles de prendre des mesures de leur propre chef. Par conséquent, à moins qu’ils ne le refusent explicitement, les emprunteurs à court d’argent seront soumis au moratoire, ce qui peut éviter aux prêteurs un niveau massif d’ANP.
  2. La transparence est l’alliée des prêteurs digitaux : les prêteurs digitaux doivent utiliser des canaux à fort engagement, tels que WhatsApp, pour informer les emprunteurs des intérêts courus, le cas échéant. Ils sont encouragés à faire suivre cette information par des rappels précédant la fin du moratoire. Cela permet d’éviter des chocs potentiels pour les emprunteurs et les aide à prendre en compte mentalement un calendrier de remboursement prolongé.
  3. Adapter les incitations : les FinTech d’épargne devraient procéder à une triangulation des données des consommateurs pour identifier ceux dont la santé financière est fragile. Elles pourraient sur cette base dispenser une éducation proactive des consommateurs et leur proposer des fonds communs de placement à un jour et sur le marché monétaire. À l’inverse, les consommateurs plus avertis dotés d’un portefeuille important peuvent être incités à l’adoption d’une stratégie « de moyenne » sur les marchés boursiers baissiers.
  4. Une approche basée sur les « coups de pouce » : en s’inspirant du livre du prix Nobel Richard Thaler, les FinTech offrant des produits d’épargne basés sur des objectifs pourraient exploiter les principes de l’économie comportementale. Voici quelques stratégies possibles :
    • Aversion aux pertes – Les FinTech devraient calculer et communiquer au client le montant des pertes potentielles en cas de retrait immédiat de l’épargne. Elles peuvent également envisager d’afficher le montant de la perte sous forme d’étiquette associée au « bouton de retrait » dans l’application ;
    • Coup de pouce – Les FinTech devraient baser les appels à l’action de leurs applications sur une architecture de choix pour inciter les utilisateurs à prendre les bonnes mesures. Il s’agirait essentiellement d’associer des boutons d’appel à l’action à des points de décision qui évitent l’inertie et obligent l’utilisateur à s’arrêter et à évaluer les options. Quelques exemples : déplacer le « bouton de retrait » vers des écrans secondaires de l’application afin que les utilisateurs ne le voient pas comme un bouton d’appel à l’action central, ou diriger l’utilisateur vers des fenêtres d’avertissement avant qu’il ne s’engage dans le retrait des fonds. Les FinTech devraient placer des messages de renforcement positif sur les boutons des écrans principaux qui encouragent l’investissement axé sur la valeur en période de baisse des marchés.

Les premiers doivent mettre l’accent sur la perte et dissuader l’utilisateur de retirer ses fonds, tandis que les seconds doivent l’encourager à maintenir son investissement, voire à investir davantage.

L’écosystème ne peut survivre à la pandémie actuelle et en sortir plus fort que si toutes les FinTech s’engagent dans un dialogue interentreprises et partagent les bonnes pratiques et les pièges. Les investisseurs et les accélérateurs jouent également un rôle extrêmement important dans la diffusion des bonnes pratiques, qui ne concernent pas que les entreprises de portefeuille. Les effets négatifs potentiels des changements de comportement des consommateurs risquent de provoquer un « effet coup de fouet » sur les autres catégories de services financiers digitaux, à moins que le secteur ne prenne des mesures collectives pour les stopper dès aujourd’hui.

En menant une recherche holistique sur les FinTech et leurs partenaires de l’écosystème dans de multiples régions géographiques, MSC continuera à suivre et à évaluer les réponses politiques, réglementaires et sectorielles, à analyser le climat d’investissement et à déterminer les stratégies d’adaptation des FinTech.

Notre objectif est de concevoir des interventions programmatiques pour soutenir les FinTech, en particulier celles centrées sur les segments à faible et moyen revenu, afin de les aider à survivre, à se reconstruire, à maintenir leurs activités et à les développer. Nous continuerons à fournir aux régulateurs, aux décideurs politiques, aux partenaires de l’écosystème et aux investisseurs les résultats de nos recherches afin de permettre à ces FinTech de fonctionner efficacement et de jouer un rôle positif pendant la pandémie.

Ce blog est publié dans le cadre d’une étude sur la COVID-19 menée au sein du programme Financial Inclusion Lab. Le programme bénéficie du soutien de quelques-unes des plus grandes organisations philanthropiques du monde, notamment la Fondation Bill & Melinda Gates, J.P. Morgan, la Fondation Michael & Susan Dell, la Fondation MetLife et le réseau Omidyar.

Le FI Lab fait partie de la Bharat Inclusion Initiative de CIIE.CO ; il est copiloté par MSC.

Les réponses à l’impact financier de la COVID-19 au moyen des transferts monétaires sociaux et des infrastructures de paiement digital

Les réponses à l’impact financier de la COVID-19 au moyen des transferts monétaires sociaux et des infrastructures de paiement digital

 

Caroline Pulver, mai 2020

Les pays disposant d’une infrastructure de paiement digital bien établie et de systèmes de transferts sociaux réactifs aux chocs ont été en mesure de réagir rapidement aux conséquences négatives de la crise de la COVID-19. Une réponse plus rapide peut réduire l’impact financier sur les pauvres. Cela signifie que les bénéficiaires n’ont pas à recourir à des mécanismes d’adaptation négatifs, tels que la vente d’actifs productifs (bétail ou outils), qui risquent de compromettre leur capacité à subvenir à leurs besoins et à se rétablir financièrement à long terme.

L’utilisation de mécanismes de distribution numériques à la place de la distribution physique d’argent ou de colis alimentaires est un avantage, car elle favorise la distanciation sociale, réduisant ainsi le risque de propagation de la maladie. Les premières réponses aux impacts économiques de la COVID-19 peuvent également servir de guide aux gouvernements d’autres pays, car elles illustrent plusieurs mesures de mise en œuvre des réponses gouvernementales, qu’il s’agisse de mesures de dépannage à court terme ou d’investissements à long terme.

David R. Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale, a déclaré que les défis posés par la pandémie de COVID-19 représentaient « une crise sans précédent, avec des effets dévastateurs sur la santé, l’économie et la société dans le monde entier », alertant que : « Si nous n’agissons pas rapidement pour renforcer les systèmes et la résilience, ce sont les acquis du développement engrangés ces dernières années qui pourraient facilement être anéantis ». Et si le monde entier pâtit des effets de la pandémie, « cette crise frappera probablement le plus durement les pays — et les populations — les plus pauvres et les plus vulnérables », a-t-il déclaré.[1]

En date du 1er mai 2020, 159 pays avaient prévu, introduit ou adapté 752 mesures de protection sociale et d’emploi en réponse à la pandémie. Le nombre de pays ayant pris des mesures de protection sociale a augmenté de façon spectaculaire, passant de 45 pays au 20 mars à 151 pays au 24 avril. Les premières estimations des investissements consacrés à la protection sociale en réponse à la COVID-19 s’élèvent à plus de 567 milliards de dollars (USD).

Parmi les catégories d’interventions, l’assistance sociale ou les transferts non contributifs sont les plus utilisés, représentant 60 % de la réponse globale (455 mesures), suivis des actions dans le domaine de l’assurance sociale (27 %) et des programmes tournés vers l’offre d’emploi (13 %). Au sein de l’assistance sociale, les programmes de transferts monétaires (54 %) restent la modalité d’intervention la plus utilisée par les gouvernements.[2]

Cet article examine les réponses dans trois régions :

  1. Amérique latine, où certaines des premières réponses ont été initiées
  2. Asie, qui abrite certains des programmes les plus importants
  3. Afrique subsaharienne, où les gouvernements disposant de ressources limitées apportent des réponses innovantes à la crise

Dans toute l’Amérique latine, des réponses importantes et rapides ont été mises en place pour atténuer la crise. Bon nombre d’entre elles visent les travailleurs informels et s’appuient sur les infrastructures de paiement existantes. Au Chili, un pays à revenu élevé selon la classification de la Banque mondiale, le gouvernement a effectué en avril des versements d’un montant de 15 USD directement sur les comptes bancaires de 2 millions de personnes vulnérables, principalement des travailleurs informels, dans le cadre de l’initiative « Bono COVID-19 ». Ces versements ont pu être réalisés grâce aux comptes « Cuenta Rut » (un compte spécial de la banque nationale qui peut être ouvert sur simple présentation d’une carte d’identité, sans condition de ressources).[3]

En Colombie, pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, les 2,6 millions de bénéficiaires du programme Familias en Acción recevront chacun une allocation complémentaire de 98 USD. Le gouvernement colombien a également lancé un nouveau programme de transferts monétaires, appelé « revenu de solidarité », qui prévoit le versement ponctuel de 108 USD à au moins trois millions de travailleurs informels et leurs familles. Pour la moitié des ménages concernés qui disposent d’un compte bancaire, les versements seront effectués par ce biais, tandis que pour les autres, ils prendront la forme de paiements digitaux au moyen de la téléphonie mobile.[4]

Au Pérou, autre pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, le gouvernement a versé 108 USD à chacun des 2,7 millions de foyers classés « pauvres ».[5] Les autorités péruviennes avaient déjà réalisé des versements G2P sur des comptes, mais dans le cadre de leur réponse à la COVID-19, elles ont élargi l’éventail des prestataires de services financiers concernés pour y inclure des banques privées et des prestataires de services de mobile money, ce qui en facilite l’accès pour les bénéficiaires.3

Au Brésil, le gouvernement est un train d’ajouter un million de ménages à son programme Bolsa Família.[6] Le gouvernement brésilien a également mis en place un nouveau programme de transferts monétaires d’urgence pour une durée de trois mois, à raison de 115 USD par mois (soit 60 % du salaire minimum), en faveur des travailleurs informels. Les bénéficiaires de ce nouveau programme seront identifiés au moyen du Cadastro Unico, le registre social du pays.[7]

En Argentine, pays à revenu intermédiaire, le gouvernement a approuvé en avril une allocation de 151 USD destinée aux travailleurs informels, qui représentent 35 % de l’économie du pays. Au Salvador, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, le gouvernement a annoncé une nouvelle allocation pour aider 1,5 million de ménages de l’économie informelle, sous forme d’un versement de 300 USD à chacun.[8] Le gouvernement a ciblé les ménages à faible consommation d’électricité, de façon à ce que tout ménage ayant une consommation mensuelle de 0 à 250 kilowatts par heure puisse bénéficier d’un versement.[9]

En Inde, le gouvernement s’est efforcé d’atténuer certains impacts négatifs sur les ménages pauvres au moyen d’une réponse rapide reposant sur des programmes existants. Le 24 mars, il a commencé le confinement total du pays. Dix jours plus tard, dans le cadre d’un programme de transferts monétaires d’une durée de trois mois, le gouvernement a versé 6,50 USD sur les comptes de 204 millions de femmes bénéficiaires du programme d’inclusion financière existant « PMJDY ».8 Il a également versé 13 USD par personne aux 35 millions de bénéficiaires du programme national d’assistance sociale (NSAP) pour les personnes âgées, les veuves et les handicapés qui reçoivent des pensions sociales.

En Indonésie, les prestations du programme phare d’allocations soumises à conditions « PKH » seront temporairement augmentées d’environ 25 % pendant trois mois et le programme sera élargi de 9,2 à 10 millions de bénéficiaires, soit 15 % de la population, à partir du mois d’avril. Les autorités ont avancé les versements et les décaissements auront lieu tous les mois au lieu de tous les trimestres.7

Au Pakistan, le gouvernement a lancé son programme de transferts monétaires d’urgence « Ehsaas » d’une durée de quatre mois pour dix millions de familles. Ce programme recensera 3 millions de ménages concernés au moyen de la base de données socio-économiques du pays, tandis que le seuil d’éligibilité sera assoupli à la hausse. Une campagne de SMS sera lancée pour informer les foyers à faible revenu de l’existence du programme. [10]

De même, en Thaïlande, le gouvernement a d’abord annoncé une nouvelle allocation de 153 USD par mois pendant trois mois en faveur des 3 millions de travailleurs qui ne sont pas couverts par le Fonds de sécurité sociale. Une semaine plus tard, le nombre de bénéficiaires a été porté à 9 millions, bien que 21,7 millions de travailleurs aient fait une demande d’allocation. Le coût total du programme s’élève à 4 milliards de dollars.7 Les récentes réformes thaïlandaises permettent de faire les versements sur des comptes bancaires grâce au système PromptPay qui est entièrement interopérable. L’écosystème de paiements digitaux du pays réduit également les besoins de retraits en espèces. La Thaïlande bénéficie en outre d’un système de carte d’identité numérique qui permet l’identification des bénéficiaires, ce qui permet au gouvernement de déterminer l’éligibilité et de virer les fonds directement sur le compte que le bénéficiaire a associé à sa carte d’identité.3

En Afrique subsaharienne, le sous-développement des infrastructures de paiement, des systèmes de carte nationale d’identité et des systèmes de protection sociale a entravé les réponses. Le continent reste pourtant une source d’idées intéressantes quant à la manière de cibler les familles à faible revenu les plus touchées par la crise.

Au Burkina Faso, le gouvernement a annoncé un nouveau programme de transferts monétaires à hauteur de 10 millions de dollars en faveur des travailleurs informels – vendeurs de fruits et légumes – avec un accent particulier sur les femmes.[11] En Éthiopie, le gouvernement a élargi et ajusté son programme de protection sociale « Urban Protective Safety Net » : les bénéficiaires recevront un versement anticipé pendant trois mois alors qu’ils sont en congé de leurs obligations de travaux publics.

Le Kenya, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, dispose d’un système de sécurité sociale bien établi : le programme Inua Jamii, qui soutient un million de personnes par le biais d’une allocation mensuelle de 19 USD. Le Trésor national a alloué 100 millions de dollars supplémentaires au programme en réponse à la COVID-19. Au Malawi, dans le cadre du plan national de préparation et de réponse à la COVID-19, le gouvernement a proposé des mesures pour accélérer le versement des prestations du programme de transferts monétaires sociaux (SCTP) en avril, sous la forme d’un paiement anticipé couvrant quatre mois de versements jusqu’en juin. Le gouvernement propose également de verser une allocation complémentaire aux bénéficiaires du SCTP et d’élargir la couverture du SCTP dans les zones rurales (à partir de juin) et dans les zones urbaines d’avril à juin.[12]

L’Agence sud-africaine de sécurité sociale (SASSA) a commencé à verser des aides sociales anticipées aux personnes âgées et aux personnes handicapées à partir du 31 mars, et le montant des aides a été augmenté en date du 1er avril. Le 31 mars, le gouvernement du Zimbabwe a annoncé que 550 000 USD seraient alloués chaque mois à un programme de transferts monétaires d’urgence de trois mois en faveur d’un million de ménages vulnérables.[13]

Les pays africains ont fait des efforts pour encourager l’utilisation des paiements digitaux afin de favoriser la distanciation sociale et de réduire ainsi les risques de transmission. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a pris plusieurs mesures pour promouvoir l’usage des paiements digitaux. La BCEAO est une banque centrale commune à huit pays d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Ces mesures consistent notamment à faciliter l’ouverture des comptes de mobile money et à permettre la gratuité des opérations de virement électronique entre particuliers.7

Au Ghana, les prestataires de service ont accordé la gratuité de tous les transferts de mobile money d’un montant inférieur ou égal à 100 GHS à partir du 20 mars 2020 pour une durée de trois mois.[14] Le Kenya a introduit une exonération de frais pour les opérations de mobile money de moins de 10 USD réalisées entre particuliers sur M-PESA à partir du 17 mars pour une durée de trois mois. Cette mesure fait suite à une directive du président du Kenya, Uhuru Kenyatta, qui vise à « explorer les moyens de développer l’utilisation du mobile money afin de réduire le risque de propagation du virus par la manipulation physique des espèces ».[15]

Les pouvoirs publics ont ainsi lancé de nouvelles initiatives et utilisé des programmes existants de versement d’allocations (transferts monétaires) pour répondre aux besoins des familles à faible revenu touchées par les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19. Les modifications apportées aux programmes existants ont consisté notamment à augmenter le montant des versements (Indonésie, Afrique du Sud, Éthiopie), à faire des versements ponctuels complémentaires (Colombie, Inde), à augmenter le nombre de bénéficiaires (Brésil), à modifier les modalités de versement en procédant à des versements d’avance ou en augmentant la fréquence des versements (Éthiopie, Malawi, Afrique du Sud). Les pays qui disposent d’un système de carte nationale d’identité liée aux comptes bancaires, comme le Chili, l’Inde ou la Thaïlande, ont la possibilité de procéder à des décaissements rapides. Le fait d’autoriser un plus grand nombre de prestataires de services financiers à assurer le décaissement des sommes versées pourrait améliorer leur accessibilité pour les bénéficiaires et favoriser la distanciation sociale (Pérou).

La réponse à la crise de la COVID-19 pourrait accélérer la digitalisation des paiements. Quelques modifications simples de la réglementation pourraient être autorisées par les banques centrales pour favoriser l’écosystème des paiements digitaux, en autorisant par exemple les établissements non bancaires qui émettent de la monnaie électronique à offrir des services de retraits d’espèces et en accélérant l’arrivée de nouveaux entrants, en accordant entre autres des licences aux opérateurs de réseaux mobiles.

*Caroline Pulver travaille sur l’inclusion financière par le biais des paiements G2P (« Government to Person » : versements de l’État en faveur des particuliers). Elle possède plus de 20 ans d’expérience des services financiers. Depuis quatorze ans, elle s’est spécialisée dans la réduction de la pauvreté, en s’intéressant notamment aux mécanismes de distribution utilisés par les programmes de transferts monétaires (protection sociale et aide humanitaire). Elle a travaillé avec les gouvernements et les agences de développement de l’Afrique (Éthiopie, Ghana, Kenya, Mozambique, Rwanda, Afrique du Sud, Soudan, Tanzanie, Ouganda et Zambie), du Moyen-Orient (Jordanie, Liban, Yémen), de l’Asie (Inde, Indonésie, Laos, Népal, Philippines) et des Caraïbes (Jamaïque, Dominique, Grenade, Saint-Vincent-et-les-Grenadines). Consultante indépendante basée à Nairobi, elle collabore actuellement avec MSC à une étude de faisabilité pour une infrastructure de paiements digitaux dans l’État de Kaduna au Nigeria.

[1] Une action décisive face à une crise sans précédent, Banque mondiale, avril 2020

[2] Social Protection and Jobs Responses to COVID-19: A Real-Time Review of Country Measures, Banque mondiale, UNICEF, mai 2020

[3] Répondre à la crise grâce au paiement électronique des prestations sociales : des mesures de court terme pour des bénéfices à long terme, Banque mondiale, mars 2020

[4] https://id.presidencia.gov.co/Paginas/prensa/2020/Hoy-tenemos-identificados-3-millones-hogares-en-la-informalidad-sabemos-donde-estan-y-en-municipiosafirmo-Diego- Mol-200325.aspx

[5] Coronavirus hits rich and poor unequally in Latin America, Columbia Basin Herald, mars 2020

[6] Coronavirus: government gives 3 months to deposit FGTS, anticipates 13th of INSS and reinforces Bolsa Família, Globo, mars 2020

[7] Social protection and Jobs Responses to COVID-19: A real-Time Review of Country Measures, Banque mondiale, UNICEF, avril 2020

[8] Cash transfers lead the social assistance response to COVID-19, Devex, avril 2020

[9] Lockdown broken in El Salvador as crowds gather for government aid, Reuters, mars 2020

[10] Coronavirus: Govt to provide Rs12,000 to 10 million affectees under Ehsaas programme, The News, mars 2020

[11] Covid19/Burkina : Le président Roch Kaboré annonce de nouvelles mesures et un plan de riposte de 177 milliards de FCFA, Le Faso, avril 2020

[12] NATIONAL COVID-19 PREPAREDNESS AND RESPONSE PLAN, The Republic of Malawi, mars 2020

[13] Mthuli Ncube releases $500 million for Covid-19 fight, The Zimbabwe Mail, mars 2020

[14] Coronavirus: It is now free to send Ghc100 and below via mobile money, Graphic Online, mars 2020

[15] Kenya turns to M-Pesa mobile-money to stem the spread of COVID-19, TechCrunch, mars 2020